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Controverse autour de la mort de Willy Ngoma : Rumeurs, démentis et brouillard informationnel à l’AFC/M23 !
Depuis la nuit dernière, une information faisant état de la mort du lieutenant-colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, circule abondamment sur les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques. Selon ces publications, l’officier aurait été mortellement touché lors de frappes attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux environs de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.
Toutefois, malgré l’ampleur prise par cette annonce, aucune source officielle ou médiatique indépendante crédible n’a, à ce stade, confirmé le décès de Willy Ngoma.

Ce que disent les rumeurs
Les messages relayés évoquent un bombardement nocturne survenu aux alentours de 2 heures du matin. Le lieutenant-colonel Ngoma se serait trouvé, selon ces sources, à bord d’un convoi militaire ciblé par des drones attribués aux FARDC. Plusieurs comptes affirment que l’attaque aurait été précise et aurait causé des pertes importantes dans les rangs de l’AFC/M23.
Ces affirmations restent cependant non étayées par des preuves vérifiables, telles que des communiqués officiels, des images authentifiées ou des confirmations d’agences de presse reconnues.
Silence des parties et absence de preuves
Ni les FARDC, ni les autorités congolaises, ni la direction politique ou militaire de l’AFC/M23 n’ont communiqué officiellement pour confirmer ou infirmer la mort de leur porte-parole militaire. Ce silence alimente davantage les spéculations dans un contexte où la guerre informationnelle est devenue un outil stratégique à part entière dans le conflit à l’est de la RDC.
Des sources consultées indiquent que Willy Ngoma reste mentionné comme vivant dans les dernières références institutionnelles et diplomatiques, notamment celles liées aux mécanismes internationaux de suivi du conflit.
Rubaya, un épicentre stratégique sous haute tension
La localité de Rubaya, régulièrement citée dans les affrontements récents, demeure un point névralgique du conflit en raison de son importance stratégique et économique. Les informations faisant état de frappes aériennes ou de l’usage de drones dans cette zone ne sont pas nouvelles, mais elles sont souvent difficiles à corroborer de manière indépendante, l’accès au terrain restant fortement limité.
Qui est Willy Ngoma ?
Lieutenant-colonel autoproclamé au sein du M23, Willy Ngoma est l’un des visages les plus connus du mouvement rebelle.
Porte-parole militaire depuis plusieurs années, il s’est illustré par de nombreuses déclarations publiques sur les opérations du groupe armé et sur le conflit opposant l’AFC/M23 aux forces loyalistes. Son nom figure également dans des documents internationaux, notamment en lien avec les sanctions et les enquêtes sur les violences dans l’est de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
