Actualité
Contradictions entre le discours nationaliste et la demande d’aide étrangère pour les élections : Une réflexion sur la souveraineté congolaise
Le gouvernement congolais a récemment annoncé son intention de faire appel à l’aide de l’Angola pour faciliter le déploiement des kits électoraux à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette décision a suscité des interrogations quant à la cohérence du discours nationaliste du camp présidentiel, qui a fortement critiqué les « candidats des étrangers » pendant la campagne électorale en cours. Certains analystes estiment que cette demande d’aide étrangère remet en question la souveraineté du pays.
Incohérence et atteinte à la souveraineté
La contradiction apparente réside dans le fait que le gouvernement congolais a vivement critiqué les « candidats des étrangers » tout au long de la campagne électorale, mais se tourne maintenant vers ces mêmes étrangers pour obtenir une assistance logistique cruciale pour les élections. Cela a suscité des interrogations dans certains milieux politiques quant à l’impact de cette décision sur la souveraineté du pays.
Certains analystes estiment qu’il est inconcevable de mener des élections avec l’aide étrangère après avoir insisté sur l’importance de ne rien demander aux étrangers au nom du nationalisme congolais. Ils remettent en question la cohérence du discours officiel et soulignent que cela pourrait être perçu comme une atteinte à la souveraineté du pays.
Reconsidérer l’approche
Une alternative suggérée serait que le gouvernement congolais utilise les avions des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour venir en aide à la CENI. Cela permettrait de garantir une plus grande autonomie dans les opérations électorales et de réduire la dépendance à l’égard de l’aide étrangère. Il est largement reconnu que le pays ne dispose pas d’avions civils pour compenser les insuffisances logistiques, comme l’a souligné le président de la CENI, Denis Kadima.
L’incohérence entre le discours nationaliste du camp présidentiel et la demande d’aide étrangère pour les élections soulève des questions légitimes concernant la souveraineté du Congo. Les critiques soulignent l’importance de maintenir une cohérence dans les déclarations officielles et suggèrent que le gouvernement devrait envisager des alternatives, telles que l’utilisation des avions des FARDC, pour garantir une plus grande autonomie dans les opérations électorales. Il est crucial de trouver un équilibre entre la nécessité de renforcer la souveraineté nationale et la réalité des défis logistiques auxquels le pays est confronté.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
