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Analyses et points de vue

Construisez chez vous ou construisons chez nous : Vers un discours inclusif pour l’avenir du Congo

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Le débat actuel dans la Twittosphère congolaise autour du slogan « Construisez chez vous » soulève des questions fondamentales sur l’identité nationale, la responsabilité collective et la vision de développement pour le pays. Si cette phrase vise à encourager les Congolais à investir dans leur propre pays, elle peut également être interprétée comme un appel à l’individualisme, une approche qui risque de diviser plutôt que d’unir.

En revanche, le slogan « Construisons chez nous, construisons notre pays » incarne une vision plus collective et proactive, essentielle pour le développement durable et inclusif de la RD Congo. Le slogan « Construisez chez vous » peut sembler motivant à première vue, mais il peut également véhiculer un message d’exclusion. C’est ce qui est d’ailleurs à la base de sa viralité.

En incitant chaque individu à se concentrer sur ses propres intérêts, on risque de perdre de vue l’importance de l’effort collectif. La RDC, avec ses défis socio-économiques majeurs, ne peut se permettre de se fracturer davantage. En revanche, « Construisons chez nous, construisons notre pays » résonne comme un appel à l’unité, à la solidarité et à la coopération.

Ce message souligne que le progrès et la prospérité ne peuvent être atteints que par un effort collectif, où chaque Congolais joue un rôle actif dans la construction d’un avenir commun. Adopter le slogan « Construisons chez nous, construisons notre pays » renforce l’idée que la responsabilité du développement ne repose pas uniquement sur les épaules de quelques individus ou entreprises, mais sur l’ensemble de la nation.

La RDC possède des ressources naturelles immenses et un potentiel humain incroyable, mais pour exploiter ces atouts, il est crucial d’encourager un esprit d’entraide et de collaboration. Cela inclut le soutien aux initiatives locales, la valorisation des compétences congolaises, et la promotion d’une économie circulaire qui profite à tous.

Un autre aspect fondamental de ce débat concerne le rôle des Congolais de la diaspora et des partenaires internationaux. Si l’on veut vraiment construire un pays solide, il est impératif d’intégrer les contributions de tous les Congolais, où qu’ils se trouvent. La diaspora peut jouer un rôle clé en transférant des compétences, en investissant dans des projets locaux et en apportant une perspective globale.

De même, des partenariats internationaux doivent être envisagés non pas comme des solutions de dépendance, mais comme des collaborations mutuellement bénéfiques. Le slogan « Construisons chez nous, construisons notre pays » peut servir de fil conducteur pour établir des dialogues constructifs avec ces acteurs.

L’avenir du Congo nécessite une vision audacieuse et avant-gardiste, qui dépasse les slogans simplistes. En adoptant une approche inclusive, les Congolais peuvent repenser leur identité nationale et leur responsabilité envers leur pays. Cela implique de passer d’un discours de division à un discours d’unité, où chaque voix est entendue et chaque contribution est valorisée.

Le slogan « Construisons chez nous, construisons notre pays » est plus qu’un simple appel à l’action ; c’est une invitation à rêver ensemble d’un Congo meilleur, où chaque citoyen est acteur du changement. Le débat sur « Construisez chez vous » vs. « Construisons chez nous, construisons notre pays » représente une opportunité unique pour la société congolaise de redéfinir son avenir.

En optant pour un message d’unité et de responsabilité partagée, la RDC peut se donner les moyens de relever les défis qui l’attendent. C’est dans cet esprit de collaboration et d’engagement collectif que les Congolais pourront véritablement construire un pays prospère, résilient et inclusif. L’avenir appartient à ceux qui choisissent de bâtir ensemble, alors saisissons cette occasion pour forger un Congo uni et fort.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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