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Analyses et points de vue

Constant Mutamba : L’insubordination au sommet de l’État

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Rien n’est plus déconcertant que d’observer une telle discordance au sommet du gouvernement. La récente passe d’armes entre le Ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, et la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, met en lumière une fracture béante qui affaiblit la perception de l’action de l’État au moment où le pays fait face à une guerre d’agression Rwandaise.

Comment expliquer qu’un ministre, censé incarner la justice et la cohérence politique, se transforme en Sagittaire décochant ses flèches vers son propre exécutif? Constant Mutamba, par ses prises de position retentissantes et déconcertantes, semble avoir oublié les fondamentaux de la gouvernance : la clarté d’action et la solidarité gouvernementale.

Ses récentes déclarations audacieuses, défiant ouvertement l’autorité de la Première Ministre, ne sont pas simplement un écart de conduite ; elles sont le signe d’un mépris pour l’intégrité collective du gouvernement. Ce n’est pas la première fois que Constant Mutamba frôle la ligne rouge. Depuis longtemps, ses initiatives déconcertantes et ses discours tonitruants soulèvent des interrogations.

Son action est tournée non vers l’efficacité gouvernementale quant à sa compatibilité avec l’esprit d’équipe et le respect hiérarchique indispensables au fonctionnement harmonieux du gouvernement mais vers la promotion de sa propre personne pour la suite de sa carrière politique. Sa propension à l’insubordination, déguisée sous le masque de l’indépendance d’esprit, fragilise un exécutif déjà sous pression.

Comment est-il encore possible que Constant Mutamba occupe, à ce jour, sa position ministérielle? Sa capacité à défier sans conséquence apparente l’autorité de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka interroge. Ne pas prendre acte de ce manque flagrant de cohésion et de loyauté expose le gouvernement à une dilution de son efficacité et crédibilité.

Il est grand temps de mettre fin à ce spectacle navrant. Rechercher une cohésion gouvernementale forte et respectée passerait inévitablement par le retrait de Constant Mutamba. Ses actions et ses mots ont démontré à qui voulait l’entendre que sa place n’est probablement plus au sein de cet exécutif. Pour préserver la dignité et la stabilité du gouvernement, un changement s’impose.

Il est impératif que la symbolique de la justice soit restaurée à travers un ministère dirigé par un acteur prêt à incarner, pleinement et entièrement, l’esprit gouvernemental. Lorsque l’arbre perd ses racines, il chancelle au premier coup de vent. Sans les bases solides de la solidarité et de la clarté, une entité comme un gouvernement peut facilement vaciller sous les conflits internes. Le navire à deux ou plusieurs capitaines finit toujours par s’échouer.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur, écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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