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Constant Mutamba : L’ambassade de Cuba comme dernier rempart face au naufrage judiciaire ( Entretien exclusif avec un magistrat)

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C’est une fuite qui dit tout. Ou plutôt, une fuite qui dit assez pour comprendre que l’avenir immédiat de Constant Mutamba, ministre démissionnaire de la Justice en République démocratique du Congo, s’inscrit désormais en pointillés. Le jeune ministre aurait trouvé refuge à l’ambassade de Cuba, à Kinshasa. Une planque diplomatique qui, si elle se confirme, mettrait un point final à son aventure politique et ouvrirait une longue parenthèse judiciaire.

Constant Mutamba avec l’ambassadrice de Cuba à Kinshasa, en 2022 ( Photo d’archive)

D’après un magistrat proche du dossier avec qui CONGOPROFOND.NET a pu échanger, Constant Mutamba est désormais dans le collimateur de la justice congolaise, visé par pas moins de 9 chefs d’accusation. 9 ! Ce n’est plus une menace, c’est une avalanche. Le haut magistrat, tenu par son devoir de réserve, n’a pu livrer la nature exacte des griefs. Mais sa déclaration est sans appel : « Sa situation judiciaire est très compromise. »

Selon notre interlocuteur, il n’y a plus de doute : Constant Mutamba ne pourra pas s’en sortir par le verbe ou l’arrogance. Et ce n’est pas l’Assemblée nationale, qui a récemment levé son immunité avec une froide célérité, ni le parquet près la Cour de cassation, qui a déjà interdit sa sortie du territoire, qui diront le contraire. Tout converge : la chute est amorcée, brutale, irréversible.

Un ministre en cavale diplomatique ?

Le choix d’un refuge à l’ambassade de Cuba, s’il se confirme, en dit long sur l’état de panique qui règne autour de l’homme. Ce n’est pas seulement une retraite stratégique : c’est un acte de reddition. Un renoncement à tout espoir de défense digne devant la justice de son pays. Et peut-être même un aveu de culpabilité.

Pour notre source, un magistrat chevronné, le personnage Mutamba ne facilite rien : il est décrit comme « arrogant, instable, difficilement abordable ». Le magistrat confesse ne pas oser lui téléphoner, par crainte que le ministre s’en vante aussitôt, en affirmant que même les juges cherchent à le contacter discrètement. « Un comportement paranoïaque qui confine à l’absurde », décrit-il.

Et cette phrase, lâchée avec un mélange d’ironie et de désolation, résonne comme un verdict : « S’il avait un tant soit peu de bon sens, il aurait déjà pris la poudre d’escampette…»

La disgrâce d’un provocateur

Le cas « Mutamba » est symptomatique d’une République qui se heurte, parfois violemment, à ses propres contradictions. Voilà un ministre de la Justice devenu fugitif potentiel, utilisant les arcanes diplomatiques pour échapper à la rigueur de la loi. L’ironie est totale. L’homme qui prônait la rigueur morale, les discours martiaux et les attaques tous azimuts contre l’élite politique et judiciaire, se voit aujourd’hui acculé par la justice.

Certains évoquent une cabale politique. D’autres parlent de retour de bâton. Mais ce qui est sûr, c’est que cette affaire est en train de tourner à la tragédie burlesque. Et si refuge il y a vraiment, ce sera le symbole le plus frappant de l’échec personnel et institutionnel d’un homme qui croyait pouvoir incarner la rigueur et qui finit par incarner le naufrage.

En attendant une confirmation officielle, une question reste en suspens :
Jusqu’à quand le ministre Mutamba pourra-t-il se terrer dans une ambassade étrangère avant que le pays tout entier ne lui réclame des comptes ?

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression

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Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.

À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.

« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.

Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.

Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.

De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.

Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.

Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.

 

Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET

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