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Congo/Brazza: l’artisanat a du mal à s’exporter

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Le secteur de l’artisanat a du mal à se vendre à l’étranger à cause du faible budget qui lui est alloué par année. 75 millions de FCFA à raison de 15 millions par trimestre. L’Agence nationale de l’artisanat peine à faire participer les artisans à des expositions de l’extérieur du pays nécessitant plus de moyens financiers. Cela constituerait un véritable frein à l’essor du secteur.

Le fonds de l’artisanat, alloué par an aux artisans, ne répondrait plus aux besoins de ces derniers par rapport au montant alloué chaque année. Ce fonds dit d’intervention de promotion de l’artisanat (FIPA) était de 300 millions de FCFA avant la crise. Il est ramené à 75 millions de FCFA par an à raison de 15 million par trimestre. « Parce qu’un vrai salon revient au moins à 20 millions FCFA pour tout couvrir. Quand il s’agit d’aller participer à une exposition à l’extérieur, c’est autour de 32 millions FCFA », a indiqué Serge Gaston Mondélé, directeur général de l’artisanat qui pense que l’artisanat devait bénéficier davantage de moyens et d’un autre regard. Mais, il ne désespère pas pour ce métier d’artisanat avec l’arrivée enthousiaste et massive des jeunes dans le secteur qui représentent un atout majeur pour les jours à venir.

Le développement d’un pays passe aussi par l’artisanat. Celui-ci apporte une plus value dans la construction d’une nation.

Au Congo, l’Etat ne maîtrise rien des données d’exportation des produits de l’artisanat. Les artisans ne déclarent pas leurs produits avant toute exportation à l’étranger au ministère du commerce.

Les artisans exportent leurs œuvres sans passer par le ministère du Commerce. Ils se rapprochent directement de l’Agence nationale de l’artisanat qui leur délivre des certificats d’origine afin de leur faciliter l’exportation des produits à l’étranger.

« A la sortie de ces produits on se rend compte que les objets en liane, les perles en bois, les produits de la vannerie, les produits de la maroquinerie sortent souvent du pays. Les quantités sont difficiles à maîtriser parce qu’il faut avoir les vraies statistiques », a-t-il indiqué.

Les ministères du Tourisme et de l’Agriculture et de la pêche devaient travailler étroitement avec le ministère en charge de l’Artisanat tel que mentionné dans le Programme national de développement. Au niveau des deux premiers ministères, il y a des activités qui se font où l’on a besoin d’artisans : le maraîchage, la pèche artisanale, etc. Et le tourisme ne peut bien marcher que lorsque l’artisanat est en bonne santé.

Le pétrole et le bois sont les seuls produits que le ministère du Commerce exporte régulièrement de façon formelle pendant que les produits artisanaux le sont informellement. L’Agence nationale de l’artisanat n’a pas suffisamment de moyens pour contrôler la quantité des produits des artisans exportés parce limitée par les moyens.

Saturnin Samba, ancien travailleur à un bureau d’étude économique Bureau de planification d’étude (BPE), pense qu’« il y a beaucoup de chômeurs dans l’artisanat parce que l’Etat n’a pas su renforcer ce marché. Les bâtiments et immeubles construits au Congo sont équipés par l’artisanat étranger. Tout vient de la Chine. A ce rythme, il est très difficile pour un artisan congolais de mieux s’organiser et de s’enrichir. Ils ont un ministère de l’artisanat qui ne fait rien pour les artisans. Nombreux ne sont pas dans des marché rémunérateurs ».

Il manque une classe moyenne des artisans au Congo. Il y a de moins en moins d’artisans congolais hautement qualifiés. Les sociétés pétrolières recourent à la main d’œuvre étrangère. Ce qui fait que dans la soudure par exemple, les soudeurs formés dans les ateliers sont limités et ne peuvent pas travailler dans les chantiers pétroliers.

Albert Louvila, président des jeunes vanniers de Bifouiti, reconnait avoir participé à des expositions au pays, en France, au Cameroun et en Algérie. « Mais depuis quelques années les expositions sont faites sur place. Les produits sont difficilement écoulés (…) Il y a aussi un manque de soutien aux artisans contrairement à d’autres pays de l’Afrique de l’ouest : le Burkina Faso ».

L’ANA est un établissement public à caractère industriel et commercial qui a pour rôle l’encadrement technique des artisans et la promotion de leurs œuvres. Elle organise des formations pour le renforcement de leurs compétences techniques et réunit des conditions pour leur participation à des salons et mini salons, des expositions pour la visibilité de leurs produits au Congo et à l’étranger.
En vue d’amener les artisans à mieux s’organiser, l’ANA les a réunis autour de la Fédération des artisans du Congo.

Achille Schillains, CONGOPROFOND.NET/ Correspondant à Brazzaville