Hydrocarbures
Conflit électrique à Butembo : Une mission ministérielle dépêchée pour apaiser les tensions
Une délégation du ministère des Ressources hydrauliques et Électricité séjourne à Butembo depuis ce jeudi 22 janvier 2026. Conduite par des experts mandatés par le ministre de tutelle, elle a rencontré, autour de l’autorité urbaine, plusieurs acteurs du secteur de l’électricité.
Objectif affiché : trouver une issue aux différends opposant certains opérateurs autour des installations électriques dans la ville.
Au nom du chef de la délégation, Me Jimmy Peruzi, conseiller du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, a précisé le cadre de cette mission, aux côtés de M. Raphaël Ekanda, également membre de l’équipe.
Clarifier les aspects juridiques, techniques et administratifs
« Nous sommes en mission officielle décidée par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, à la suite des différends qui opposent certains opérateurs du secteur de l’électricité au sujet des installations électriques. Comme il existe des règles particulières, le ministre a estimé nécessaire que l’équipe vienne sur le terrain pour examiner la situation et proposer des solutions », a expliqué Me Jimmy Peruzi.
Selon lui, la mission consiste à vérifier les aspects juridiques, administratifs et techniques, à constater la situation sur le terrain, puis à produire un rapport à l’intention de l’autorité compétente, en vue de décisions appropriées.
Échanges avec les opérateurs et visite des installations
Au-delà de l’arbitrage du conflit, la délégation entend également échanger avec les opérateurs du secteur afin d’identifier les difficultés auxquelles ils sont confrontés vis-à-vis du gouvernement.
Il s’agit aussi de dresser un état des lieux global du secteur de l’électricité et de l’eau dans cette partie du pays.
Dès ce jeudi, les membres de la délégation ont procédé à la visite des installations de la société Congo Full Power (CFP), l’un des opérateurs impliqués dans le différend.
Cap sur 2030 : un objectif national ambitieux
Me Jimmy Peruzi a rappelé l’existence d’un plan d’action du gouvernement central, qui vise à faire passer le taux national de desserte en électricité de 19 % actuellement à 60 % à l’horizon 2030.
« Cet objectif implique l’ouverture accrue du marché, afin que la concurrence permette une extension progressive de la desserte.
L’ambition est que d’ici 2030, même des villes comme Butembo puissent passer de moins de 10 % aujourd’hui à près de 60 % », a-t-il souligné.
Un conflit ouvert entre deux sociétés d’électricité
La ville de Butembo est actuellement le théâtre d’un conflit opposant deux sociétés d’électricité : Congo Full Power (CFP) et Énergie du Nord-Kivu (ENK).
Cette dernière conteste la présence de CFP dans la fourniture d’électricité à Butembo, estimant disposer du monopole de la desserte. ENK soutient que tout nouvel opérateur devrait passer par une interconnexion préalable, une option que l’autre camp ne souhaite pas attendre.
C’est dans ce contexte tendu que la mission ministérielle entend jouer un rôle de médiation et de régulation, afin de préserver l’intérêt général et de garantir l’amélioration durable de l’accès à l’électricité pour les habitants de Butembo.
Dalmond Ndungo
Hydrocarbures
Flambée du prix du carburant à Beni : Les transporteurs augmentent le coût des trajets
Une hausse brutale du prix du carburant est observée depuis plusieurs jours dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Le litre, qui se vendait encore autour de 3 200 francs congolais, est désormais écoulé entre 5 000 et 7 000 francs dans plusieurs stations-service et points de vente informels de la ville.
Face à cette situation, la division provinciale de l’économie du Nord-Kivu a mis en garde les opérateurs économiques du secteur pétrolier. Selon cette division, aucune raison objective ne justifie pour l’instant cette hausse du prix du carburant sur le marché local. Les autorités précisent en effet que les stocks disponibles dans les villes de Beni, Butembo et au poste frontalier de Kasindi restent suffisants pour alimenter normalement le marché.
Malgré ces avertissements, les prix restent élevés sur le terrain, provoquant déjà des répercussions dans plusieurs secteurs, notamment celui du transport. Les transporteurs, fortement dépendants du carburant pour leurs activités, disent subir de plein fouet cette augmentation et cherchent des solutions pour limiter les pertes.
Réunis pour analyser la situation, les membres de l’association des transporteurs de Beni ont décidé d’ajuster les tarifs des voyages longue distance. Selon Dieume Mutumwa, secrétaire de cette association, cette décision est une mesure d’adaptation face à la hausse du prix à la pompe.
« Nous venons de terminer une réunion, parce que l’objet de la réunion était d’analyser la situation dans notre secteur de transport, vu la hausse du prix du carburant à la pompe. Ça fait presque une semaine que nous achetions le litre à 3 200 francs congolais, mais aujourd’hui ça se vend entre 5 000 et 7 000 francs dans la ville et dans les milieux voisins de Beni », explique-t-il.
Face à cette flambée, les transporteurs ont décidé d’augmenter le prix de certains trajets afin de continuer à assurer leurs activités. « Nous avons jugé bon de voir comment nous adapter à cette situation. Nous avons trouvé nécessaire d’augmenter de 10 dollars tous les longs trajets. Par exemple, pour aller à Goma, il faudra désormais payer 60 dollars au lieu de 50 dollars comme avant », précise Dieume Mutumwa.
La même mesure s’applique également à d’autres destinations importantes de la région. « Pour aller à Bunia, où on payait 50 dollars, on sera aussi obligé de payer 60 dollars. Les 10 dollars supplémentaires doivent nous permettre d’acheter le carburant mais aussi de payer les taxes imposées par les services de l’État sur les routes », ajoute-t-il.
Le secrétaire de l’association souligne également que les transporteurs font face à d’autres difficultés qui aggravent la situation. « Comme vous le savez, nous sommes aussi victimes de plusieurs tracasseries sur plusieurs axes routiers, surtout sur la route Beni-Bunia et Beni-Kisangani », déplore-t-il.
Cette hausse du carburant risque ainsi d’avoir un effet en chaîne sur le coût de la vie dans la région, notamment sur les prix du transport et des marchandises, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans l’est de la République démocratique du Congo.
Franck Kaky/CONGO PROFOND.NET
