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CNSSAP : Militaires, policiers, magistrats et enseignants, désormais assujettis au régime contributif de sécurité sociale !
La Caisse Nationale de Sécurité Sociale des agents publics (CNSSAP), conformément à la nouvelle loi N°22/031 du 15 juillet 2022, portant régime spécial de sécurité sociale des agents publics de l’Etat, vient d’élargir son champ personnel, avec l’intégration des agents de l’Etat régis par des statuts particuliers et son champ matériel, avec l’opérationnalisation de la branche des risques professionnels. C’est ce qui ressort de l’activité de socialisation organisée à l’attention de la presse, par son service de communication, le vendredi 30 septembre 2022, en son siège implanté à Kinshasa-Limete 8ème rue.

Il s’agit bien là des innovations apportées par la nouvelle loi précitée et le chargé de la communication de la CNSSAP, Dan Kaniki, qui parle de la nouvelle CNSSAP, l’a bien souligné devant la presse, en ces termes : » C’est une loi qui élargit le champ matériel et le champ du personnel « .
Aussi, a-t-il poursuivi : » Par champ matériel, nous entendons l’opérationnalisation d’une nouvelle branche, celle des risques professionnels, qui à ce jour n’était pas prise en charge par la caisse « .
Cette loi N°22/031 du 15 juillet 2022, dit-il : » Permet donc que la branche des risques professionnels, les maladies professionnelles, les accidents de travail, soit désormais opérationnalisée en faveur des agents publics de l’Etat « .
Et pour conclure, Dan Kaniki souligne : » Nous avons parlé du champ personnel càd que désormais, d’autres catégories des agents publics doivent être assujetties à la CNSSAP. Il s’agit évidemment des militaires, des policiers, des enseignants de l’EPST et de l’ESU, des magistrats « .

Rappelons à ce sujet qu’à ses origines, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des agents publics n’avait comme champ d’application que les agents de l’Etat sous régime du statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat.
Cependant, la nouvelle loi régissant la sécurité sociale de cette catégorie socio-professiinnelle des congolais, en son article 2, stipule ce qui suit : » Sans préjudice des statuts particuliers reconnus à certaines catégories d’agents publics de l’Etat, sont assujettis au régime contributif de sécurité sociale institué par la présente loi : les agents de carrière des services publics de l’Etat, les militaires des FARDC, le personnel de carrière de la Police Nationale, les magistrats, le personnel administratif, technique et enseignants des établissements publics d’enseignement maternel, primaire, secondaire, technique et professionnel, le personnel académique et scientifique, administratif et technique de l’Enseignement Supérieur et Universitaire,… « .
En ce qui concerne précisément l’intégration des enseignants débout de l’EPST, l’on peut déjà souligner que cela tombe à pic, car c’est une question qui a longtemps figuré dans la liste de leurs revendications et leurs représentants syndicaux ont eu à le souligner plusieurs fois à travers les médias.

En guise de rappel, la CNSSAP est un organisme public de prevoyance sociale en République Démocratique du Congo, créé en date du 14 décembre 2015, par le Décret N°15/031.
Il a la mission d’offrir aux agents publics de l’Etat et à leurs familles, des prestations de sécurité sociale sur la base des cotisations recouvrées auprès d’eux et de leur employeur qui est l’Etat.
Néanmoins, ce n’était que deux ans après sa création, c’est-à-dire en 2017, que cette Caisse est devenue opérationnelle avec le lancement de l’opération d’immatriculation des agents.
En quatre ans de fonctionnement et après tout compte fait, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des agents publics, compte un investissement de l’ordre de 53 millions qui assure l’équilibre de son régime et les prestations des années futures. C’est ce qu’on peut retenir de son rapport annuel 2021, déjà homologué.
Bref, avec l’élargissement du champ personnel, le travail de la CNSSAP devient immense, étant donné que le nombre d’affiliés risque de dépasser un million, contre 193.000 cotisants, à ce jour. Rien qu’avec les enseignants de l’EPST, l’opinion doit noter que la gratuité de l’enseignement a occasionné la hausse des effectifs. Selon le Ministre Tony Mwaba, lors d’une interview à la veille de la rentrée scolaire 2022-2023, accordée à Top Congo FM, le nombre d’enseignants pris en charge par le trésor punluc est aujourd’hui fixé 677.609, répartis dans 64.788 écoles à travers le pays et ce, avec une enveloppe salariale mensuelle de 205 milliards de francs congolais.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
