Sécurité
CIRGL : Les 11 États membres reconnaissent officiellement le Rwanda comme « pays agresseur » de la RDC
Les onze États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont reconnu, dans une déclaration finale publiée à l’issue du 9ᵉ Sommet tenu à Kinshasa, le Rwanda comme pays agresseur de la République démocratique du Congo, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. La présidence de la CIRGL a été officiellement transférée à la RDC pour un mandat de deux ans, en marge de ce sommet organisé sous le thème : « Consolider la paix et la sécurité pour le développement durable dans la région des Grands Lacs ».
Lors d’un briefing de presse conjoint, lundi 17 novembre, avec le ministre de la Communication Patrick Muyaya, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a salué une « avancée majeure » dans la reconnaissance internationale des agressions dont est victime la RDC. « Les Chefs d’État ont appelé, je cite, à exiger le retrait sans délai du territoire congolais des troupes du pays agresseur, conformément à la Résolution 2773 », a-t-il déclaré.
Pour le ministre Anzuluni, la précision apportée par la déclaration de la CIRGL ne laisse aucune ambiguïté sur l’identité de ce pays. « La Déclaration parle non pas d’un pays agresseur, mais bien du pays agresseur. Celui-ci est clairement identifié depuis que le Conseil de sécurité a demandé à la Force de défense rwandaise de se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables », a-t-il rappelé. Il a qualifié cette reconnaissance collective de « valeur ajoutée politique majeure » du sommet.
Ce 9ᵉ Sommet de la CIRGL s’est tenu dans un climat de fortes tensions entre Kinshasa et Kigali, alors que les hostilités se poursuivent dans l’Est du pays. Grand absent de cette rencontre, le Rwanda, accusé de soutenir le M23 et l’AFC, a rejeté les résolutions du sommet par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Sur le terrain, le contraste entre les engagements diplomatiques et la réalité militaire continue d’inquiéter plusieurs acteurs régionaux et internationaux.
Alors que le processus de Luanda est considéré comme en échec après la chute de Goma et Bukavu, l’Accord de Washington et le processus de Doha constituent désormais les deux principaux volets diplomatiques en cours pour tenter d’aboutir à une désescalade durable. Malgré ces efforts, plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne, appellent à une implication renforcée des organisations régionales afin d’appuyer une solution africaine à la crise opposant la RDC au Rwanda et aux groupes armés actifs dans la région.
Exaucé Kaya
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
