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Chasse aux sorcières à l’Assemblée provinciale et dans la presse : le chaos guette le Kasaï Central !
Des scènes insolites de cérémonies coutumières occultes organisées par certains chefs coutumiers et mamans en tenue traditionnelle pour protéger la chaise du gouverneur Martin Kabuya circulent actuellement sur les réseaux sociaux, au moment où pleuvent des déclarations tonitruantes de « guerre » entre le même gouverneur et des députés provinciaux surnommés les « Douze apôtres ».
Toujours sur les voix des ondes de Kananga, c’est un verdict liberticide de l’UNPC qui vient de tomber, interdisant désormais à toutes les radios locales de parler encore de politique au Kasaï. Le ciel de la province est entrain de s’assombrir jour après jour.
La prochaine rentrée parlementaire à Kananga s’annonce déjà comme le théâtre du combat ultime entre ces belligérants qui se regardent désormais en chiens de faïence.
» Ou c’est moi ou c’est eux qui sautent ! », fulmine le patron de la province dans son entourage. Et avec tout ce décor social nauséabond et politique macabre, avec tout le tissu de l’administration provinciale totalement troué, si pas pourri, c’est maintenant toute la province que le gouverneur veut entraîner, avec lui, dans sa propre descente aux enfers. Kinshasa doit donc intervenir, le plus vite, à temps pour instaurer un Etat de droit.
L’opinion locale se demande pourquoi ce recours aux chefs coutumiers défilant jour et nuit avec leurs toques de peau de léopard et des gris-gris en mains dans la résidence privée du gouverneur ? Cela résonne déjà comme un chant du cygne, estime un observateur.

Cérémonies fétichistes à la résidence du gouverneur du Kasaï Central pour qu’il reste le plus longtemps au pouvoir
Somme toute, ce ne sont pas ces invocations improvisées des ancêtres ni le recours désespéré aux fétiches des chefs coutumiers qui va changer le cours de la justice. Celle-ci, indique-t-on, détient aujourd’hui mille et un dossiers contre le numéro 1 de la province avec preuve à l’appui dont le récent cas est celui du policier torturé sous ses ordres dans sa résidence et qui a provoqué un scandale à l’échelle planétaire.
Les messes noires aux rituels païens n’ont jamais ressuscité un malfaiteur dans le village des ancêtres.
Pendant que dans la province voisine du Kasaï son collègue gouverneur punit un chef de Zone de Santé pour détournement, à Kananga, Martin Kabuya fait libérer lui-même et fuir dans la nature trois responsables de la Zone de Santé de Lubondaye, au grand dam de la population de Tshimbulu et de Lubondaye qui ne croit plus aujourd’hui à toute parole sortant de sa bouche. Pendant que dans plusieurs provinces voisines l’exécutif soignent leurs relations avec les assemblées provinciales et même enterrent les haches de guerre, au Kasaï Central c’est le numéro un lui-même qui déclare la guerre publique aux députés lésés dans leurs droits légitimes jusqu’à leur couper leurs honoraires. Seuls ceux qui l’encensent ont droit à leurs émoluments. A cette allure rien de bon n’augure la prochaine rentrée parlementaire où le spectre du chaos total est déjà planté et ira inévitablement plonger toute la province dans le vide et l’inconnu.
Pendant que le ministère national de l’EPST travaille d’arrache-pieds pour renforcer l’enseignement comme acteur du développement social, surtout dans les villages, et ainsi concrétiser la promesse chère au président de la République pour la gratuité de l’enseignement, le gouverneur Martin Kabuya s’en va en guerre contre deux réseaux scolaires influents de Dibaya, cherchant sans raison à leur arracher le mandat de gestion obtenu en bonne et due forme depuis vingt ans.
Le réseau scolaire ECC/57è CPKOC établi dans le secteur de Dibataye et le puissant réseau scolaire Coobidiep solidement implanté dans dans la province éducationnelle de Kasaï 1 dans 3 Sous-Divisions mais aussi dans la province éducationnelle de Kasaï 2 à Lwiza au sein de 4 Sous-Divisions de Lwiza, ont péché de ne l’avoir pas élu en décembre 2019 !
Pendant que le président de la République consolide la presse comme « quatrième colonne » de la démocratie au Congo, le gouverneur Kabuya a plutôt choisi de baillonner la voix des radios locales qui ont commis le péché d’organiser des débats politiques sur la vie quotidienne d’une province en ruines.
Incapable de les fermer légitimément comme il avait essayé au début, il instrumentalise à présent le président de l’UNPC pour étouffer dans l’œuf toute contestation de ses bévues publiques sur le policier tabassé et torturé chez-lui sous sa barbe.
Non content d’avoir instrumentalisé tous les services de la territoriale, de l’enseignement scolaire et des hôpitaux, des régies fiscales et financières, il s’en prend maintenant à la presse audiovisuelle. Grave entorse à la liberté de presse et d’opinion dans toute une province où il n’y a plus désormais que la voix du « Roi-Soleil » à entendre.
Visiblement le gouverneur Martin Kabuya ne veut pas aller tout seul dans sa tombe, mais veut absolument bien entraîner toute une province, puis laisser un héritage désastreux à son successeur. Tous les regards sont tournés à présent sur Kinshasa pour sauver cette province.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET