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Changement de la Constitution : Le moment de consacrer l’irrévocabilité de la nationalité congolaise est arrivé, dit le PCA René Mayilukila
La question de la révision ou du changement de la Constitution, en République Démocratique du Congo, est aujourd’hui d’actualité dans tous les salons politiques et ne cesse de défrayer la chronique, depuis que le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi l’a abordée clairement devant la Nation. En effet, au cours de son dernier meeting, le mercredi 23 octobre 2024, dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, il a exprimé sans ambages son intention de changer la Loi fondamentale en vigueur, pour rédiger une nouvelle qui puisse cadrer avec les réalités actuelles du pays. À cette occasion, il a annoncé la mise en place, l’année prochaine, d’une commission chargée d’examiner le sujet. Des voix concordantes et discordantes à cette idée se sont exprimées et continuent à le faire. Sensible aux maux qui rongent son pays, René Mayilukila Ndakivangi, Président du Conseil d’Administration d’AMI CONGO, se range derrière l’idée du Président de la République pour des raisons qu’il estime nobles. Au cours d’un entretien accordé le mercredi 30 octobre 2024 à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, il revient sur ses motivations en faveur d’une refonte de l’actuelle Constitution.
« Le moment pour consacrer l’irrévocabilité de la nationalité congolaise est arrivé », nous a-t-il déclaré d’entrée de jeu. Il trouve anormal qu’un Congolais d’origine, né et ayant grandi au Congo, vivant à l’étranger et ayant acquis une seconde nationalité pour diverses raisons, doive obtenir une autorisation (visa) pour séjourner dans son pays d’origine, où se trouvent ses racines et ses intérêts.
Il ajoute : « Au-delà de l’épineuse question de l’irrévocabilité de la nationalité congolaise, l’actuelle Constitution a démontré ses faiblesses dans la gestion harmonieuse du pays. Source de léthargie dans la mise en place des organes après les élections générales, elle est conflictogène et sert de socle aux règlements de comptes entre les Assemblées provinciales et les Gouverneurs des provinces ».
Le changement de la Constitution, pense-t-il encore, tombe à pic au moment où tout le monde souhaite une réduction du train de vie des institutions du pays.
« Est-il toujours nécessaire d’avoir un Parlement bicaméral qui coûte énormément cher au Trésor public, pendant que les agents et fonctionnaires de l’État, les enseignants, les médecins et d’autres vivent avec de maigres salaires ? La taille même du Gouvernement de la République n’est-elle pas budgétivore au détriment des autres secteurs de la vie publique ?», s’interroge-t-il.
Cependant, ayant constaté des agitations autour de cette question, malgré les apaisements du Chef de l’État qui a souligné qu’il n’y avait pas d’urgence et que cela ne devait pas diviser les Congolais, René Mayilukila, en toute sérénité, invite la population au calme pour éviter toute diversion.
Il salue la sagesse des chefs des confessions religieuses de la République Démocratique du Congo, qui envisagent de réunir des experts en la matière afin de les éclairer avant de prendre position.
« Nous sommes réunis aujourd’hui avec un seul point à l’ordre du jour : il s’agit du débat sur la révision ou non de notre Constitution. À l’issue de nos échanges, nous avons voulu porter notre voix en disant aux politiques de dépassionner le débat. À notre peuple, de garder le calme et d’être en paix, ce qui nous permettra de maintenir la cohésion nationale. Nous avons convenu de réunir nos intelligences : professeurs d’université, constitutionnalistes, et tous ceux qui ont une expertise dans le domaine, pour organiser un forum. Nous allons les écouter, poser plusieurs questions afin d’éclairer notre réflexion. C’est à ce moment que nous nous prononcerons », a déclaré devant la presse l’archevêque Evariste Ejiba Ya Mampia, Président de la plateforme, après leur réunion tenue au début de la semaine.
En vue d’appuyer la démarche adoptée par les confessions religieuses, le PCA Mayilukila est revenu sur la conférence donnée à Kinshasa le 28 avril 2023 par le professeur historien Isidore Ndaywel è Nziem, autour du thème : « L’histoire de la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Congo : Quelles leçons pour l’avenir ? ».
Après avoir dressé un tableau sombre des maux qui gangrènent le pays, le professeur a proposé la réorganisation du pays, qui doit commencer par la refonte de la Constitution en vigueur.
« Une nouvelle Constitution doit être mise en place en RDC, naturellement après les élections. Il faudra, pour pouvoir s’organiser, donner la possibilité aux Congolais de mettre les choses à plat et de créer une Constitution qui reflète réellement leurs aspirations et corresponde à leur histoire », a-t-il déclaré.
Bref, conclut René Mayilukila, le moment est opportun pour nous réorganiser, en réglant les problèmes qui nous gangrènent, tels que la question de la carte d’identité, la précision sur les origines des Congolais (territoire, secteurs, chefferies, tribus, etc.), l’affirmation de l’autorité de l’État (armée, police, corps de sapeurs-pompiers, corps administratif, etc.), l’éloignement géographique, politique et social de la capitale, le régime électoral, la nationalité, la situation économique, la marchandisation de l’éducation, la réhabilitation des services sociaux, etc. Il appartient au peuple, propriétaire de la Constitution, de se prononcer.
Jules KISEMA KINKATU / CONGOPROFOND.NET