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Célestin Mumba « Tata Mapasa » : L’homme de l’ombre du « Week-end en bonne compagnie » à la RTNC est parti
Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Le sous-sol déjà riche du Congo vient de s’orner d’un joyau supplémentaire. Une pierre rare s’est éteinte : Célestin Mumba Mulumba, dit « Mapasa », repose désormais à la morgue de l’hôpital Initiative Plus de Tshangu à N’sele, dans l’attente d’un programme-hommage conjoint entre la RTNC et sa famille, selon une source bien informée. À l’image de la célèbre métaphore d’Hampâté Bâ, c’est une bibliothèque qui s’est consumée, emportant avec elle un savoir unique et une mémoire précieuse du petit écran et de la radio congolais.
Pour lui rendre un premier hommage, ses proches et anciens collègues de la légendaire émission « Week-end en bonne compagnie » ont partagé un vibrant texte de Marcel Nzazi Mabidi, relayé par Simon Mbaki Manzakala, directeur et présentateur de cette tranche culte de la RTNC. Dans cette oraison funèbre, Célestin Mumba est célébré comme un homme dont la valeur dépasse toute mesure ou devise.
Décédé le 14 juillet 2025, ce pionnier de l’image et maître de la réalisation télévisuelle laisse une empreinte ineffaçable. Entré à l’émission en 1998 après la mort de François Tshilambu Muya, il s’y distingue rapidement sous l’aile du réalisateur Vital Tiembe. À la disparition de ce dernier en 2004, Mumba prend le relais avec brio, tenant ce poste clé jusqu’à ses derniers instants. Encore présent lors de l’édition du samedi précédant son décès, il s’est éteint en silence. « Il est parti sur la pointe des pieds », confie avec émotion un collègue.
Né le 19 septembre 1950 à Matadi (Kongo Central), il entame sa scolarité à Kamina/Base, puis à l’Athénée de Thysville (actuelle Mbanza-Ngungu). Inscrit à l’IPN de Kinshasa en 1969, il interrompt ses études à la suite du décès de son père. Dès 1973, il rejoint l’administration publique avant d’intégrer l’OZRT, ancêtre de la RTNC, comme régisseur d’antenne. Il y anime notamment « Hygiène et Santé » et assiste sur l’émission « Sport et Temps Libre ». Diplômé de l’Institut Supérieur de l’Audiovisuel en 1984, il gravit les échelons jusqu’à devenir chef de service de la réalisation en 1999.
Professionnel rigoureux, ponctuel, humble et pédagogue, Célestin Mumba était aussi un homme de cœur. Père de jumeaux-d’où son surnom de Tata Mapasa-il incarnait une forme d’élégance tranquille et de responsabilité digne. En 2011, le journaliste Théophile Ayimpam le décrivait justement comme « un homme de cœur et de métier », une synthèse fidèle de l’homme et de son œuvre.
Pour clore cet hommage, ses compagnons lui ont dédié « Liwa yo moyibi« , cette chanson poignante du groupe Zaïko Langa Langa, comme un dernier chant d’adieu à un monument discret de l’histoire télévisuelle congolaise.
Horly Barca Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET