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CEEAC: les Chefs d’État ont signé à Libreville la Charte révisée de l’organisation
Apres 36 ans d’existence, la Communauté Économique des Etats de l’Afrique Centrale n’a pas donné des résultats suffisants notamment en matière d’intégration régionale.
Conscient de cette faiblesse et face aux nouveaux défis, les 11 chefs d’État et de gouvernement réunis en Sommet extraordinaire à Libreville ont décidé, ce mercredi 18 décembre 2019, de donner une nouvelle impulsion à travers une réforme institutionnelle et structurelle de la CEEAC.

En apposant sa signature sur la charte révisée de la CEEAC, le Chef de l’État congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est engagé, comme ses pairs, à œuvrer au sein d’une organisation dynamique et viable à l’instar d’autres blocs sous régionaux africains.
Parmi les innovations apportées figure la création d’une Commission de la CEEAC comme organe exécutif en lieu et place du secrétariat général.
Pour relever le défi sécuritaire, les chefs d’État ont convenu de créer la Copax, la commission de paix et sécurité de l’Afrique Centrale.
Créée il ya 36 ans à Libreville, c’est dans la même ville que les dirigeants régionaux ont repensé la CEEAC.

C’est aussi un motif de fierté pour le président Ali Bongo Ondimba d’abriter ces assises et d’accueillir 11 délégations africaines, indique une dépêche de la présidence de la République congolaise.
Les Chefs d’État ont décidé de se retrouver au premier trimestre 2020 pour donner corps à leur réforme.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
