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Camp Tshatshi : Le maïs du Service National vendu à 18 000 FC, vers la souveraineté alimentaire
Au Camp Tshatshi, chacun transporte son sac de farine de maïs comme il peut : en moto, sur la tête, entre les bras… L’essentiel, c’est d’en avoir.

Ce mercredi 16 juillet 2025, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service National, a supervisé personnellement l’opération de vente de farine dans l’enceinte militaire. Une mission d’inspection pour s’assurer que les instructions du commandant suprême, le président Félix Antoine Tshisekedi, sont respectées à la lettre : un prix fixé à 18.000 francs congolais pour le sac de 25 kg, soit trois fois moins cher que sur le marché, et un approvisionnement régulier pour les cantines militaires.

Sur place, l’opération s’est déroulée dans le calme, la discipline et surtout dans la dignité. Les bénéficiaires sont nombreux : officiers, soldats, femmes de militaires, blessés de guerre, personnel civil du camp… Au total, 4 remorques ont livré 4007 sacs de maïs de 25 kg.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large : produire, vendre, mais aussi bientôt transformer localement le maïs du Service National. À cet effet, une minoterie estampillée « Service National » est en cours de montage au Camp Tshatshi. La mise en service est prévue pour fin août, avec une capacité de 100 tonnes de farine par jour.

En parallèle, une seconde minoterie à Tanyinama-Kasis ambitionne de produire 5 millions de sacs par an.
Depuis septembre 2021, le Service National approvisionne chaque mois, sans interruption, les militaires et leurs familles en farine de maïs.

Pour le commandement du Service National, cette politique marque un pas décisif vers la souveraineté alimentaire et la réduction des coûts de production. Le message est clair : produire localement pour nourrir les Congolais dignement.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
