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CAF-C2 : face aux « Anges de Fatima », DCMP veut briser le signe indien !

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Alors que la saison sportive 2017-2018 reste suspendue à la finale retour entre V.Club et Raja de Casablanca, la confédération africaine de football vient de lancer sa saison 2018-2019 avec les préliminaires des inter clubs.

À cet effet, les représentants RDCongolais entrent en lice ce mercredi 28 novembre 2018.

À Kinshasa, au stade des Martyrs de la Pentecôte, le Daring Club Motema Pembe jouera les Anges de Fatima de la République centrafricaine. De son côté, le vainqueur de la coupe du Congo, l’AS Nyuki, sera reçu le même mercredi au Soudan du Sud par Al Ahly Shendi.

Le Daring veut briser le signe indien

Éliminé à la 16 ème de finale de cette même compétition face à Niefang de la Guinée équatoriale la saison dernière, le Daring Club Motema Pembe veut briser la malédiction des éliminations précoces aux compétitions africaines en commençant par cette équipe centrafricaine des Anges de Fatima.

À la traditionnelle conférence de presse d’avant-match de ce mardi 27 novembre, le nouveau coach du DCMP qui joue son tout premier match de sa vie d’une compétition africaine veut gagner dès ce match aller.

Face à la presse l’Italien Andrea Agostineli affirme croire en ses poulains pour une victoire malgré sa méconnaissance de l’équipe adverse. « Connaître l’équipe adverse c’est toujours mieux. Même si ça n’a pas toujours été facile, mais le match on peut le gagner facilement », a lâché l’Italien.

Andrea Agostineli veut à tout prix passer ce tour préliminaire. « Certainement on doit faire un grand match pour gagner face cette équipe centrafricaine. On va jouer pour gagner et j’aimerai passer ce tour préliminaire et continuer à améliorer ce que nous sommes entrain de faire. On va faire le tout à 100% pour passer ce tour préliminaire », a-t-il promis.

Ainsi, il lance un appel aux « Tupamaros » de venir soutenir leur équipe. « Demain nous les invitons qu’ils viennent nombreux. Nous sommes bien chargés et nous voulons faire un grand match avec un bon résultat ».

« Je voudrais quand même leur rappeler aussi que gagner un match n’est pas facile, mais j’ai confiance à mon équipe puisqu’elle joue comme je le veux. C’est une équipe qui crée beaucoup et qui subit très peu », a-t-il conclu.

Classé deuxième de la Ligue nationale de football, le Daring Club Motema Pembe qui n’a perdu qu’un seul match se comporte bien dans ce championnat national et pourra confirmer sa bonne forme ce mercredi en coupe de la confédération africaine.

Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET

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Affaire des “Enfants Mushobekwa” : Le réquisitoire du Ministère public interroge la justice congolaise

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Dès les premières audiences du procès dit des “Enfants chilleurs”, le dossier a révélé des fragilités structurelles qui auraient dû alerter tous les observateurs. La plainte initiale de Madame Marie-Ange Mushobekwa situe les faits au 21 décembre 2025, alors qu’il a été établi devant la Cour que l’intrusion et la rétention des enfants se sont déroulées le 22 décembre 2025.

Et que le prévenu principal, Philémon Mambabua, n’est rentré à son domicile qu’à 4h30 ce jour-là. Cette discordance de date n’a rien d’un détail technique : elle vicie le fondement même de l’action publique. Mais le dossier souffre surtout d’une absence totale de preuves matérielles et irréfutables. Les photos et vidéos produites à l’audience ont été prises par la plaignante elle-même, à son domicile puis à l’hôpital, soit loin du lieu présumé où les violences auraient été perpétrées. Une exploration corporelle a aussi été réalisée par elle-même sans aucune autorisation judiciaire.

Tandis que la liste impressionnante de noms d’autorités citées par la plaignante (VPM, MinÉtat, Généraux, Colonels, Auditeur général des FARDC, AG de l’ANR, Député honoraire…) et versée au dossier n’a été suivie d’aucun témoignage en faveur de l’accusation devant la Cour. Le certificat médical, quant à lui, ne révèle “rien de grave ni de particularité”, le médecin traitant Yenga Mbuta Dosh Junior a reconnu n’avoir constaté “rien de spécifique”, et le rapport médico-légal n’a jamais été signé par le praticien.

Les problèmes d’horodatage aggravent cette fragilité : la pièce maîtresse de l’accusation (une clé USB contenant des vidéos et photographies ) porte une date de “mutation” au 29 janvier 2026 pour des faits supposés du 21 décembre 2025, tandis que la chronologie du déroulé demeure confuse, jamais étayée par une reconstitution objective. L’accusation, qui évoque un groupe de cinq, six, sept ou huit policiers pour n’en poursuivre que deux, ironise par ailleurs sur la demande de 3,4 millions de dollars de dommages-intérêts, jugée “impossible à payer”.

Ces incohérences, loin d’être anecdotiques, minent frontalement la crédibilité du dossier. Malgré 12 audiences, des questions pourtant centrales pour la manifestation de la vérité sont restées sans réponse, et l’édifice accusatoire repose sur “les seules déclarations de Marie-Ange Mushobekwa”, qui n’a jamais été témoin oculaire des faits allégués. Une irrégularité particulièrement révélatrice est venue entacher la procédure : les procès-verbaux d’audition de 2 témoins, Claudien et Christopher, fils de la plaignante.

Ces PV sont rigoureusement identiques du début à la fin, mot pour mot, phrase par phrase, comme s’ils avaient été copiés-collés, ce qui contredit toute idée de témoignages spontanés et indépendants. Aucun des renseignants entendus ( Malaïka, Sakina, Christopher, Noah, Clément Kanku ) n’a par ailleurs déclaré avoir perçu un ordre explicite de frapper ou de torturer. Le verbe maîtriser des mots “maîtrisez-les”, que le Ministère public interprète comme l’instruction déclenchant les violences, est lui-même contesté : s’agit-il d’un ordre de violences ou d’une simple injonction de contrôle ?

La Cour militaire n’a pas tranché. L’accusation admet que les enfants “n’ont pas été inquiétés” en quittant la salle de bain et que “Dieu était avec tout le monde”. Plus troublant encore : les enfants présumés torturés pendant plus d’1 heure 30 par un groupe de 7 à 8 policiers auraient ensuite eu le temps de faire une sieste de 10h à 17h avant de se rendre à une consultation médicale ( et non aux urgences ) à 22h !

L’absence de constat médical de torture, le flou persistant sur le nombre réel d’auteurs impliqués et l’impossibilité de déterminer qui a fait quoi dans cette affaire laissent subsister un doute profond sur la matérialité même des violences alléguées. C’est dans ce contexte de fragilité accusatoire, marqué par l’absence de preuves matérielles irréfutables et un récit reposant sur les affirmations d’une personne qui n’a pas assisté aux faits, que le Ministère public (magistrat chargé, en droit congolais, de requérir l’application de la loi et de défendre l’intérêt général au nom de la société ) a prononcé son réquisitoire le 7 mai 2026.

Or, les faits reprochés tombent sous le coup de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, dont l’article 48 bis prévoit une peine de 5 à 10 ans de servitude pénale, et l’article 48 ter une fourchette de 10 à 20 ans lorsque la victime est mineure. Pourtant, le Ministère public a requis deux ans de servitude pénale avec sursis contre Philémon Mambabua, ainsi que des circonstances atténuantes, reconnaissant implicitement que les enfants ont “joué un rôle” et que le prévenu n’avait pas prémédité les faits.

Une telle clémence, dans un cadre légal qui prévoit des peines 4 à 10 fois plus lourdes, interpelle. En qualité d’avocat de la société, le Ministère public a la responsabilité de requérir une peine proportionnée aux preuves réunies. En l’espèce, sa décision de s’écarter aussi nettement du quantum légal semble acter, de facto, l’absence de preuves suffisantes pour caractériser la torture, et confirme le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé. Reste à savoir si la Cour militaire de Ndolo, qui a instruit avec impartialité, suivra ce réquisitoire ou s’en émancipera pour affirmer une autre lecture du dossier.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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