Société
Butembo : Trois ans après les tueries lors des manifestations anti-Monusco, les familles réclament justice et réparation
La ville de Butembo s’est souvenue, ce samedi 26 juillet 2025, des victimes des manifestations anti-Monusco. À cette occasion, une messe pour le repos de leurs âmes a été célébrée à la cathédrale par l’abbé Roger Kabuyaya, suivie d’un dépôt de gerbes de fleurs sur leurs tombes au cimetière de Kitatumba.
Les familles des victimes, ainsi que des membres de la synergie des mouvements citoyens, groupes de pression et organisations sociales, ont profité de cette journée de commémoration pour réclamer des réparations pour leurs compatriotes tombés sous les balles des casques bleus de la Monusco.
« Cette date doit être commémorée chaque année pour que les victimes soient reconnues et que justice leur soit rendue. La Monusco était censée protéger les citoyens congolais », a déclaré Firmin Kakule, militant du mouvement citoyen Lucha, participant à l’activité.
Trois ans après, il estime que le combat de ces victimes reste d’actualité : la lutte pour la paix doit continuer. Leur sacrifice, dit-il, est une source de motivation pour poursuivre cette quête.
« La lutte continue, et c’est le message que nous voulons transmettre à tous. Ils ont tué nos frères, mais ils ne doivent pas nous empêcher de manifester. Notre devoir est de ne pas les oublier, mais de continuer leur combat », a-t-il martelé.
Pour mémoire, une dizaine de personnes avaient été tuées par les forces de la Monusco le 26 juillet 2022 à Butembo, lors de manifestations contre cette mission onusienne, jugée inefficace pour le retour de la paix dans l’est du pays. Ces actions populaires avaient fini par pousser la Monusco à quitter la ville.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Genre
RDC : appuyé par IPAS, ONU FEMME et UNFPA, le sous-groupe thématique Violences Basées sur le Genre valide son plan d’action national 2026
Avec l’appui de l’IPAS, ONU FEMME, l’UNFPA et l’ambassade du Canada en RDC, le sous-groupe thématique Violences basées sur le Genre (VBG) a tenu, ce jeudi 07 mai 2026, à Béatrice Hôtel à Kinshasa, sa reunion mensuelle de mars. Au cours de cette session, partenaires, acteurs étatiques, société et autres participants ont à l’unanimité, validé le plan d’action national pour une société plus juste, protectrice et égalitaire.

« Compte tenu de ce qui se passe en matière de violences dans notre pays, chaque mois nous nous réunissons avec tous les acteurs, qui luttent contre les violences basées sur le genre pour échanger, monter des stratégies en vue de lutter réellement contre ces violences », a expliqué Cécile Tshibanda, Directrice générale de l’Agence Nationale de lutte contre les Violences Faites à la Femme et à la Jeune et Petite Fille (AVIFEM).

« Aujourd’hui, comme vous pouvez vous en rendre compte, on avait une réunion au cours de laquelle on devait valider notre plan d’action national et ce qui a été fait. Et nous l’avons fait avec l’appui de l’ONU Femmes, de UNFPA, de l’ambassade du Canada et de l’IPAS », a précisé Cécile Tshibanda, à l’issue de ce rendez-vous.
À en croire la présentation de ce plan d’action, il vise à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre à travers une coordination efficace, un plaidoyer stratégique, une mobilisation accrue des partenaires, et un renforcement des capacités institutionnelles, afin de réduire l’impunité, améliorer la prise en charge des victimes et promouvoir la masculinité positive dans les politiques publiques d’ici fin 2026.

« Ce plan d’action national garantit une prise en charge multidisciplinaire des survivant(e)s, couvrant les besoins médicaux, psychologiques, judiciaires et socio-économiques. Il implique les acteurs étatiques, la société civile, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les communautés locales pour une meilleure appropriation », confie une note explicative.
Dans son approche, il vise à coordonner les actions, harmoniser les outils et renforcer les capacités des acteurs nationaux et provinciaux. Il assure la mise en conformité des lois nationales avec les instruments internationaux, renforçant la lutte contre l’impunité et engage les hommes et les décideurs à transformer les dynamiques de genre, servant de levier pour briser le cycle de la violence.

Partenaire technique du gouvernement dans cette lutte et organisateice de cette activité, IPAS se fixe comme vision de contribuer à l’avènement d’une RDC où chaque femme et chaque jeune fille a le droit, le pouvoir et les capacités d’agir en faveur de sa santé reproductive, de son éducation et de sa profession, gage de son autonomisation.
Exaucé Kaya
