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Société

Butembo : plus de 15 incursions armées documentées dans des domiciles en moins d’un mois

La Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, affirme avoir documenté plus de 15 cas d’incursions armées dans des domiciles entre le 16 septembre et le 7 octobre 2026. Ces chiffres sont contenus dans une déclaration rendue publique ce samedi 10 octobre à Butembo, lors d’un point de presse.

Selon cette structure citoyenne, les principaux auteurs présumés de ces incursions seraient des hommes non identifiés, porteurs d’armes à feu. Elle affirme que ces attaques auraient été commises selon un mode opératoire similaire, principalement durant la nuit.

« La Synergie a documenté, de la nuit du 16 septembre au 7 octobre 2026, plus de 15 cas d’incursions armées avec un mode opératoire identique. Des hommes porteurs d’armes à feu AK-47 et d’armes blanches, opérant entre 23h30 et 2h00, quelques fois vêtus en tenues civiles et d’autres fois en tenue similaire à celle des militaires, s’attaquent aux ménages des paisibles citoyens », a déclaré Franck Mukenzi, porte-parole de la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo.

À titre illustratif, la Synergie évoque plusieurs domiciles visités par des présumés bandits dans les quatre communes de la ville de Butembo, à savoir Vulamba, Kimemi, Bulengera et Mususa. Elle affirme que plusieurs biens et d’importantes sommes d’argent, pouvant atteindre 30 000 dollars américains, auraient été emportés au cours de ces incursions. Elle fait également état de cas de violences sexuelles et de personnes ayant succombé à leurs blessures.

Des recommandations aux autorités et à la population

La Synergie condamne cette recrudescence de la criminalité urbaine à Butembo, qu’elle considère comme une situation susceptible d’appauvrir et de traumatiser davantage la population. Elle salue toutefois les interventions de la police du sous-commissariat de Bulengera ainsi que les patrouilles du Centre de coordination des opérations (CCO), qui auraient permis l’interpellation d’au moins un suspect et la récupération de certains biens.

Face à cette situation sécuritaire, la Synergie formule plusieurs recommandations aux autorités urbaines et à la population. Elle demande notamment le renforcement urgent et visible des patrouilles pédestres et motorisées, de 19h à 5h, dans les quartiers périphériques, tout en appelant les forces de sécurité à éviter toute tracasserie envers la population.

Elle recommande également l’ouverture d’enquêtes sérieuses et indépendantes afin de démanteler les réseaux présumés impliqués, la mise en place d’un mécanisme de traçabilité des biens extorqués et leur restitution aux victimes, ainsi que l’interdiction du port d’armes à feu en milieu urbain par les Wazalendo. La Synergie propose aussi l’organisation de bouclages ciblés dans certains endroits identifiés.

À la population, elle recommande de renforcer la vigilance, l’alerte communautaire et les mécanismes d’entraide de voisinage, notamment à travers la création de groupes de vigilance. Elle préconise également l’installation de « Urafiki meetings » avec les autorités, élargis aux quartiers, et invite les habitants à signaler tout mouvement suspect au numéro vert de la police ou auprès des chefs de base, sans se faire justice eux-mêmes.

Enfin, la Synergie appelle la population à regagner les domiciles plus tôt et à éviter de laisser les enfants seuls durant la nuit. Elle annonce avoir décrété un état de veille citoyenne et se réserve le droit d’entreprendre des actions citoyennes non violentes si aucune mesure concrète n’est prise par les autorités.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET