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Provinces

Butembo : Me Moïse Kikondo dénonce les abus de la justice locale

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À l’occasion de la Journée nationale des parents, ce 1er août, Me Moïse Kikondo, surnommé Le Tombeur, a vivement dénoncé les abus observés dans l’appareil judiciaire à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Selon lui, de nombreux parents se retrouvent piégés dans des conflits fonciers interminables devant les juridictions locales.

Dans ses propos, il n’a pas hésité à pointer du doigt plusieurs acteurs judiciaires qu’il considère comme responsables de cette impasse : l’auditeur militaire, certains avocats, défenseurs judiciaires et même le conservateur des titres immobiliers.

« Comment comprendre que deux jugements portant sur des matières presque similaires connaissent un traitement aussi inégal ? L’un est rendu à peine deux jours après la mise en délibéré, tandis que l’autre traîne indéfiniment. Qu’est-ce qui motive cette célérité sélective dans le prononcé des jugements ? », s’est-il interrogé.

S’agissant de l’auditorat, Me Kikondo s’indigne du rôle qu’il joue aujourd’hui dans les affaires civiles, notamment dans le recouvrement des dettes et les litiges fonciers, un domaine qui ne relève pas de sa compétence naturelle.

« On se demande quel droit permet aujourd’hui à l’auditorat militaire de s’immiscer autant dans les conflits fonciers. Pourquoi certains avocats et défenseurs judiciaires vont jusqu’à déposer des plaintes auprès de l’auditorat pour des dettes privées, en les maquillant parfois en infractions pénales comme l’association de malfaiteurs ? », déplore-t-il.

Doctorant en droit à l’Université de Kinshasa, Me Kikondo dénonce aussi l’attitude de certains individus qui se font passer pour porte-parole des victimes, alors qu’ils profitent du désordre pour faire pression ou escroquer les parties en conflit. Il pointe également du doigt certains policiers, accusés d’être instigateurs de ces pratiques, avec la complicité présumée du conservateur qui, selon lui, délivrerait parfois deux titres pour un même terrain.

Face à cette situation inquiétante, il appelle les victimes à ne plus se taire, mais à dénoncer les auteurs de ces dérives devant les juridictions compétentes afin qu’ils répondent de leurs actes conformément à la loi.

À ce jour, aucune réaction n’a encore été enregistrée de la part des personnes mises en cause par Me Moïse Kikondo.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET

Provinces

Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi

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La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.

D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.

Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.

La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.

Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.

Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET

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