Sécurité
Butembo : le club Mayi-Ya-Rwindi appelle à une solution politique face aux violences persistantes des ADF à l’Est de la RDC
Face à la recrudescence des attaques meurtrières attribuées aux ADF dans les territoires de Beni, Lubero (Nord-Kivu) et Irumu, Mambasa (Ituri), le club « Mayi-Ya-Rwindi pour le bien-être de tous » appelle le gouvernement congolais à privilégier l’option politique pour mettre fin à ces violences. Dans une déclaration faite à la presse ce mardi 19 août 2025 à Butembo, cette structure de la société civile a dénoncé l’inefficacité des opérations militaires conjointes entre les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF) et a suggéré une approche similaire à celle engagée récemment avec le mouvement M23.
Me Vivien Kambale, l’un des responsables du club, estime que la solution militaire a démontré ses limites depuis plus d’une décennie. « Le club s’interroge encore : la solution demeure-t-elle encore militaire ? La réponse est sans doute non, vue la facilité avec laquelle les ADF continuent à tuer », a-t-il affirmé. À ses yeux, la démarche de négociation devrait également être envisagée vis-à-vis de ce groupe, qui est désormais plus visible et structuré sur le terrain, notamment dans certaines zones de Mambasa.
Le club affirme que les ADF ne se contentent plus de simples bastions, mais cherchent désormais à administrer certaines localités, allant jusqu’à demander aux agriculteurs de se faire enregistrer pour continuer leurs activités. Ce changement de stratégie, selon Mayi-Ya-Rwindi, ouvre une brèche pour un éventuel dialogue politique, d’autant plus que les canaux de communication semblent aujourd’hui plus accessibles qu’auparavant.
Cette proposition rejoint celles de certaines figures nationales et internationales, comme la cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, et le professeur Jaribu Muliwavyo, qui ont également plaidé pour une alternative diplomatique. Pour rappel, les dernières attaques attribuées aux ADF ont causé plus de 40 morts dans le secteur de Bapere (Lubero) et 9 autres à Mambi (Oïcha), témoignant de l’urgence d’une nouvelle approche face à cette menace persistante.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET