Provinces
Butembo en alerte : La Société civile entre en guerre contre les rumeurs et la haine
Une quarantaine d’acteurs de la société civile de Butembo (Nord-Kivu) ont pris part, ce vendredi 2 mai 2025, à un atelier de formation axé sur la lutte contre la désinformation, la mésinformation, les rumeurs et les discours de haine. Cette session s’est tenue dans une salle de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).
Dans son discours d’ouverture, le maire de la ville, le commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger, a rappelé que Butembo a déjà payé un lourd tribut aux fausses informations et aux propos incendiaires. « La ville a enregistré plusieurs dégâts humains et matériels à cause de rumeurs propagées par les ennemis de la paix. Il est donc essentiel de vérifier les informations et de comprendre les faits avant de les relayer. La loi punit les colporteurs de faux bruits », a-t-il prévenu.
Le président de la société civile, Mathe Saanane, a souligné que cette formation vise à limiter les méfaits de la désinformation dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans le Grand-Nord. « Les rumeurs et discours de haine ont souvent causé des dégâts considérables. Cette capacitation peut en réduire l’impact », a-t-il expliqué.
L’un des facilitateurs, Me Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du Réseau pour les droits de l’homme (REDHO), a montré aux participants comment identifier les faux messages et adopter un comportement responsable. Il a rappelé l’existence d’une loi congolaise sur le numérique, qui punit sévèrement la propagation de fausses informations. « Avant de partager un message sur TikTok, WhatsApp ou ailleurs, assurez-vous qu’il est vérifié. Si vous ne connaissez pas l’auteur, abstenez-vous. Vous pourriez être sanctionné pénalement », a-t-il insisté.
Les participants ont salué la qualité des échanges et se sont engagés à relayer les connaissances acquises au sein de leurs organisations respectives. Cette formation marque le début d’une série d’activités similaires, destinées à d’autres couches de la population de Butembo.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Provinces
Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
