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Butembo : 129 sages-femmes prêtent serment pour renforcer la lutte contre la mortalité maternelle

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129 sages-femmes ont officiellement prêté serment ce dimanche 17 mai 2026 à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, marquant ainsi une étape importante dans leur intégration au sein de l’Ordre national des sages-femmes.

La cérémonie solennelle s’est déroulée dans la salle Eden River, en présence des autorités administratives, des responsables de l’Ordre national ainsi que des familles des lauréats.

Représentant le maire de Butembo, M. Gilbert Bwambale Mughanirya, chef de division unique à la mairie, a salué l’engagement des nouveaux assermentés et leur a assuré de l’accompagnement des autorités locales dans l’exercice de leur métier.

« En m’adressant aux heureux assermentés du jour, le maire, à travers ma modeste personne, vous félicite et vous souhaite une fructueuse carrière en vous promettant toute sa collaboration dans l’exercice de votre noble métier », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé que l’adhésion à cette profession implique le respect strict des exigences éthiques et professionnelles liées à la santé maternelle et infantile.

Un serment pour servir avec éthique et responsabilité

Avant leur admission officielle, les 129 candidats retenus ont prêté le serment des sages-femmes, s’engageant à respecter les principes de déontologie, d’éthique professionnelle et de protection de la vie des mères et des nouveau-nés.

Le président du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, M. Ambroka Kabeya, qui a reçu leur serment, a indiqué que cette étape constitue une condition essentielle pour leur inscription au tableau de l’Ordre.

« La formation de remédiation a reçu 133 candidats, parmi lesquels 129 ont validé le test et viennent de prêter serment », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette nouvelle vague de professionnelles vient renforcer le système de santé dans une région confrontée à de nombreux défis sanitaires.

Réduire le taux élevé de mortalité maternelle

Le président national de l’Ordre des sages-femmes a insisté sur la nécessité pour les nouvelles recrues d’exercer leur métier dans le strict respect des normes professionnelles afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle pendant l’accouchement.

« Aujourd’hui, en ville de Butembo, nous venons de mettre sur le marché 129 sages-femmes éligibles à s’inscrire au tableau de l’Ordre. Nous leur demandons d’exercer leur travail en respectant l’éthique et la déontologie pour renverser la tendance du taux élevé de mortalité maternelle », a-t-il souligné.

Des lauréats reconnaissants envers les autorités

Les lauréats ont exprimé leur gratitude envers les autorités administratives et les responsables de l’Ordre national des sages-femmes, particulièrement envers leur président national qui a effectué le déplacement à Butembo pour superviser personnellement le processus.

Créé par la loi n°23/051 du 30 novembre 2023, l’Ordre national des sages-femmes encadre désormais l’exercice de cette profession en République démocratique du Congo. Conformément à cette loi, nul ne peut exercer comme sage-femme sans avoir prêté serment et être inscrit au tableau officiel de l’Ordre.

Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET

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Hausse des prix des billets, multiplication des escales, réduction de certaines dessertes : La pression sur le kérosène recompose progressivement l’économie du transport aérien entre l’Afrique et l’Europe (Par Aldo Kamwanga, expert du secteur des ressources naturelles et des commodités)

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La flambée du kérosène redessine progressivement le transport aérien entre l’Afrique et l’Europe. Pour les passagers, les effets sont déjà palpables : billets plus chers, trajets plus longs et offre de vols plus fragile sur plusieurs liaisons stratégiques.

Depuis plusieurs mois, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient déstabilisent les marchés pétroliers. Le transport maritime se renchérit, les primes d’assurance augmentent et les coûts de raffinage progressent. Dans ce contexte, le marché du jet fuel ( le carburant des avions ) demeure sous pression, malgré une légère accalmie observée dans la zone ARA (Amsterdam-Rotterdam-Anvers). L’indice Jet Fuel Price Monitor de l’IATA/Platts continue néanmoins de signaler des niveaux élevés.

Pour les compagnies africaines, le choc paraît particulièrement sévère. Le carburant représente une part importante des coûts d’exploitation, dans un environnement où les marges se réduisent continuellement. Abderahmane Berthé, secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), a d’ailleurs souligné cette pression croissante, même si aucun chiffrage homogène n’existe encore à l’échelle du continent.

Billets sous tension, réseaux réorganisés
Face à la hausse des coûts, plusieurs compagnies réajustent leurs lignes les moins rentables. La suspension de certaines dessertes de Turkish Airlines, notamment vers Kinshasa, Libreville et Luanda, s’inscrit dans un contexte de forte pression financière et de réorganisation du réseau.

La direction de la compagnie évoque des impératifs opérationnels liés à l’augmentation significative des coûts d’exploitation, tant au niveau national qu’international. Pour les passagers, les conséquences sont immédiates : trajets rallongés, escales supplémentaires et diminution de l’offre de vols directs. Les transporteurs privilégient désormais les routes jugées les plus solides sur le plan économique.

Les impacts tarifaires varient toutefois selon les compagnies. Air France-KLM a par exemple augmenté d’environ 50 euros aller-retour certains billets économiques long-courriers afin de compenser la hausse du carburant. Mais ce chiffre ne constitue pas une référence universelle pour l’ensemble du marché.

Par ailleurs, une modélisation relayée par Reuters via l’ONG Transport & Environment évoque un coût carburant additionnel moyen d’environ 88 euros par passager sur un vol long-courrier au départ de l’Europe. Il s’agit cependant d’une estimation des coûts supportés par les compagnies, et non d’une hausse automatiquement répercutée sur les billets.

Les diasporas africaines figurent parmi les premières touchées, dans la mesure où elles dépendent fortement des grands hubs européens, turcs ou moyen-orientaux pour rejoindre le continent.

Dangote, nouvel acteur du marché du jet fuel

Dans cette nouvelle configuration, un acteur commence toutefois à émerger : la raffinerie Dangote, au Nigeria.
En avril, les importations européennes de jet fuel en provenance du Nigeria ont atteint environ 66 000 barils par jour, selon les données de Kpler et LSEG. Ces volumes, encore modestes à l’échelle du marché européen, ont néanmoins contribué à une légère détente des prix et pourraient annoncer un changement stratégique plus profond.

Pendant longtemps, une grande partie du pétrole africain était exportée à l’état brut avant de revenir sur le continent sous forme de produits raffinés, à des coûts élevés. Avec Dangote, le Golfe de Guinée pourrait progressivement renforcer son rôle comme plateforme régionale majeure de production de carburéacteur.

Produire du kérosène reste toutefois un exercice hautement technique. Accroître rapidement la production de jet fuel ne se fait pas automatiquement. Le consultant international en raffinage et pétrochimie Sylvio Sparano rappelle que le carburéacteur provient d’une coupe très spécifique du raffinage pétrolier, située entre le naphta et le gasoil.

À cette complexité industrielle s’ajoutent des normes aéronautiques particulièrement strictes, notamment en matière de sécurité et de point de congélation du carburant. Toutes les raffineries ne sont donc pas capables d’augmenter leur production de kérosène à court terme.

Dans ce contexte, certaines origines plus lointaines, comme la Corée du Sud ( l’un des grands acteurs mondiaux du jet fuel ), pourraient continuer à jouer un rôle important sur le marché international.

Hubs africains : une concurrence appelée à s’intensifier

Cette crise énergétique pourrait également renforcer la compétition entre les grands hubs africains.

Addis-Abeba semble consolider sa position grâce à Ethiopian Airlines, tandis que Nairobi demeure une plateforme stratégique majeure en Afrique de l’Est. À l’inverse, les pays fortement dépendants des hubs étrangers apparaissent davantage exposés aux réductions de vols et aux hausses tarifaires.

Air Congo : le défi économique d’une liaison directe

Dans ce contexte, le projet Air Congo prend une dimension à la fois économique et stratégique. Une liaison directe Kinshasa-Bruxelles pourrait, à terme, réduire la dépendance congolaise vis-à-vis des hubs étrangers.

La rentabilité d’une telle ligne dépendrait toutefois de plusieurs facteurs : le taux de remplissage des avions, les coûts opérationnels et surtout la capacité de la compagnie à absorber les fluctuations persistantes du marché pétrolier.

Au-delà des chiffres et des arbitrages financiers des compagnies aériennes, une réalité s’impose désormais : rentrer au pays coûte de plus en plus cher. Et à mesure que le kérosène redessine les routes aériennes, c’est aussi l’accessibilité du lien vital entre les diasporas africaines et leur continent qui se fragilise.

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