Société
Bisengo plongé dans le noir, l’insécurité gagne du terrain à Bandalungwa
L’absence prolongée d’électricité dans le quartier Bisengo, à Bandalungwa, ne se limite pas à un simple désagrément domestique. Elle expose désormais les habitants à une insécurité grandissante, notamment autour du marché Wenze ya Baluba, devenu un point noir dès la tombée de la nuit.
À partir de 18 heures, ce petit marché de proximité, essentiel pour l’approvisionnement quotidien des ménages, se transforme en zone à risque. Des jeunes délinquants, communément appelés « kuluna », y arrachent sacs et téléphones, profitant de l’obscurité totale. « Sans lumière, ils opèrent sans être identifiés », témoigne une habitante.
Récemment, une tentative de cambriolage a été signalée dans la parcelle d’un officier supérieur de l’armée. Les faits se sont déroulés aux environs de 4 heures du matin, dans le noir complet. Les suspects ont pris la fuite après l’intervention de la garde et l’alerte des riverains. D’autres incidents, plus préoccupants encore, ont été signalés à proximité d’un sous-commissariat, où même un adolescent de 13 ans a failli être agressé devant sa propre parcelle.
Face à cette situation, les habitants s’interrogent sur l’efficacité du dispositif sécuritaire. Comment expliquer que des agressions se produisent à quelques mètres de postes de police ? Pourquoi les malfrats n’ont-ils plus peur de l’autorité ? Pour la population de Bisengo, l’État doit renforcer la sécurité de proximité et revoir la présence policière sur le terrain, car l’obscurité ne fait qu’amplifier une criminalité déjà inquiétante.
Dorcas Mwavita
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
