Culture
Benjamin Masiya dévoile « Nakata Tchik », le cri poétique d’un enfant brisé par l’abandon scolaire
La scène slam kinoise s’enrichit d’une nouvelle voix. Le slameur Benjamin Masiya, membre, fondateur et leader du collectif Tetra, vient de lancer son tout premier clip musical intitulé « Nakata Tchik », une œuvre à la fois percutante et sociale qui plonge au cœur du drame silencieux de l’abandon scolaire en Afrique subsaharienne.
Dans un échange accordé cet après-midi à la colonne Culture de Congoprofond.net, l’artiste explique que ce single, son premier véritable pas dans la musique et le rap, s’inspire d’une expérience personnelle profondément marquante.
Le titre « Nakata Tchik », expression populaire signifiant en français « J’ai abandonné les études », raconte l’histoire poignante d’un enfant contraint par les circonstances de la vie de quitter l’école pour affronter l’incertitude et la dure réalité de la rue.
À travers une écriture incisive, nourrie de vécu et d’émotion, Benjamin Masiya prête sa voix à ces milliers de jeunes dont les rêves se heurtent aux contraintes sociales et économiques.
« C’est mon premier son slam. Un single percutant où j’ai mis profondément une part de moi. J’ai écrit ce texte depuis 2022 et j’ai réellement vécu la situation que je raconte », confie-t-il.
Déjà, l’œuvre suscite l’attention et les encouragements de figures reconnues du slam à Kinshasa. Parmi elles, Yekima, considéré comme l’une des références majeures du mouvement dans la capitale congolaise, qui n’a pas hésité à contacter l’artiste pour lui transmettre ses impressions et ses conseils. Dans le même élan, Micro Méga, autre pionnier du slam kinois, a également salué l’initiative et encouragé le jeune slameur à poursuivre sur cette voie artistique.
Porté par cet élan, Benjamin Masiya nourrit désormais une ambition claire : contribuer au rayonnement du slam de Kinshasa en y apportant sa signature personnelle. « Je veux faire rayonner le slam kinois à ma manière, avec mon style de slam’âtre lors des spectacles et avec mon style en lingala », affirme-t-il, déterminé à affirmer une identité artistique singulière.
La réalisation du clip a représenté un véritable défi artistique et technique. Sous la direction du réalisateur Kazak, avec l’appui de la productrice Grâce Kakera de Vénus Prod, toute une équipe s’est mobilisée pour donner vie à cette création audiovisuelle. L’artiste n’a d’ailleurs pas manqué de saluer l’engagement et la performance des interprètes qui ont contribué à la matérialisation visuelle de son récit.
Avec « Nakata Tchik », Benjamin Masiya, également connu sous le pseudonyme Maître Itachi, signe ainsi une entrée remarquée dans l’univers musical urbain, mêlant slam, rap et narration sociale. Cette chanson vient en effet lancer la carrière musicale du jeune artiste, déjà reconnu dans le milieu du slam et également actif dans la sphère littéraire. Il est notamment l’auteur du livre « La Fin de la dictature de Dieu », publié récemment à Kinshasa.
À travers ce titre percutant, Benjamin Masiya dresse le tableau douloureux de la vie des enfants abandonnés dans les rues de Kinshasa, au Congo et ailleurs. « Nakata Tchik » apparaît ainsi non seulement comme une performance artistique, mais aussi comme une interpellation sociale sur la condition de nombreux jeunes confrontés à la rupture scolaire et à la précarité.
Pour le slameur kinois, cette œuvre n’est qu’un point de départ. Comme il le souligne lui-même avec conviction :
« Le meilleur reste à venir. »
Barca Horly Fibilulu Mpia