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BENI : un appel à la justice pour le journaliste Muhindo Puis Manzikala disparu, il y a 4 ans !

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Disparu depuis 4 ans, le journaliste MUHINDO PUIS MANZIKALA reste sans trace, vivant ou mort. Ce jeudi 12 décembre 2024, les professionnels des médias de Bulongo, Mwatwanga et Lume, dans le secteur de Ruwenzori, territoire de Beni au Nord-Kivu, ont manifesté pour dénoncer la disparition de leur confrère, survenue le 12 décembre 2020, alors qu’il était enlevé par les rebelles ougandais ADF.

Cette marche pacifique a été clôturée par un discours prononcé par le journaliste NZANGURA KWAVINGISTON, qui a réclamé justice et la poursuite des enquêtes afin d’obtenir des informations précises.

« Nous, la presse en général, réclamons justice et des enquêtes pour savoir ce qu’il est advenu de notre confrère MANZIKALA, s’il est encore vivant ou mort », a-t-il déclaré dans son discours.

**Vivant ou mort ?**

Rappelons que quelques jours après la disparition de l’ancien journaliste de la radio Ruwenzori de Mwatwanga, l’armée congolaise (FARDC) avait confirmé la mort du journaliste par l’intermédiaire de son porte-parole, Antony Mwalushay : « Parmi les 6 corps tués par les ADF retrouvés au parc de Virunga, figure le journaliste de la RVR. »

Un jour après cette déclaration de la FARDC, la radio RVR avait contredit l’alerte de l’armée congolaise. « La RVR [Ruwenzori Voici Radio] informe que parmi les corps des victimes retrouvés et conduits à la morgue de l’hôpital général de référence de Mwatwanga, celui du journaliste Puis Muhindo Manzikala n’a toujours pas été identifié », avait écrit Jaribu Muliwavyo, à l’époque président du conseil d’administration de la RVR, dans un communiqué dont une copie a été publiée.

Il convient de rappeler que le chevalier de la plume MUHINDO PUIS MANZIKALA a été enlevé la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre 2020 à Nzenga-Kasusu. Lors de cette incursion, les ADF avaient d’abord tué six personnes avant d’emporter quinze autres dans la brousse. Parmi celles-ci, l’armée a confirmé la mort de six civils, dont le journaliste mentionné.

Gerlance Sengi/Congo Profond.net

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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