Actualité
Beni : la population de Mabalako doute de la qualité du riz de PAM et exige les documents du laboratoire
La population de Mabalako, dans le groupement Baswagha-Madiwe en territoire de Beni( Nord-Kivu), a interdit au Programme Alimentaire Mondial (PAM) de décharger la cargaison du riz destinée à la distribution aux déplacés vivants dans cette entité.
La population, qui doute de la qualité de ce riz, exige l’exhibition des documents de laboratoire prouvant la bonne qualité de ce riz avant sa remise aux bénéficiaires.
Les trois camions pleins de sacs de ce riz sont encore gardés sans déchargement de cette cargaison depuis 4 jours, confirme Justin Kavalami, rapporteur de la Société civile locale. Il précise que la distribution de ce riz est prévue pour ce jeudi 23 juillet 2020.
La Société civile indique que les déplacés qui habitaient dans le groupement Baswagha-Madiwe n’y sont plus. «Il n’y a pas seulement Madiwe qui a besoin des vivres, cette aide doit être orientée même ailleurs».
Nos efforts pour entrer en contact avec les responsables du PAM à Beni pour sa version n’ont pas payé. Toutefois, le chef de bureau, monsieur Achille, a dit ne pas être informé de la situation de Mabalako et a promis nous saisir dès qu’il aura plus d’informations.
Rappelons qu’au mois d’avril de l’année en cours, plus de 290 tonnes de riz de ce même organisme avait été détruits en ville de Butembo, après avoir été déclarés impropres à la consommation, après deux expertises menées dans les laboratoires de l’Office congolais de contrôle (OCC) de Butembo et de Kinshasa.
Delphin Mupanda/correspondant au Nord-Kivu
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
