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Bemba face à ses « démons » : La jeunesse d’ »Ensemble pour la République » exige justice et vérité

Dans un ton ferme et sans détour, la Coordination nationale de la Jeunesse d’Ensemble pour la République, dirigée par Me Papy Mbaki Ndombele, est montée au créneau pour dénoncer avec force la dernière sortie médiatique de Jean-Pierre Bemba. Accusé d’avoir tenu des propos mensongers et diffamatoires sur Moïse Katumbi, l’ancien vice-président de la République est sommé de répondre, non pas avec des mots, mais devant la justice, pour les crimes et fautes politiques qui jalonnent son parcours.

Dans une déclaration musclée, Me Papy Mbaki Ndombele fustige « une intervention médiatique ratée, fondée sur des inepties » à travers laquelle Jean-Pierre Bemba a accusé, sans la moindre preuve, Moïse Katumbi, Joseph Kabila et la CENCO d’avoir ourdi un complot contre le Chef de l’État. Pire encore, Bemba aurait insinué que Katumbi avait fui le pays, qu’il aurait réhabilité la piste de Mulonde pour accueillir des rebelles, et qu’il détiendrait des caches d’armes dans ses fermes.

Des accusations ridicules pour faire oublier un lourd passé

Pour Me Mbaki, cette stratégie de diversion grossière ne saurait faire oublier le lourd passif de Jean-Pierre Bemba, « faussaire politique », dont les agissements passés continuent de hanter la mémoire collective du peuple congolais. En guise de rappel à l’opinion, la Jeunesse d’Ensemble pour la République égrène ce qu’elle appelle les six péchés capitaux de Bemba :

1. Co-auteur des massacres de Kisangani en 2000, en complicité avec l’armée ougandaise, causant la mort de nombreux civils innocents.

2. Crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Mambassa, en Ituri, entre 2002 et 2003, marqués par des viols, pillages et atrocités.

3. Massacre de centaines de Kinois en 2007, lors de la contestation de sa défaite électorale, via la milice du MLC – parmi les victimes, l’homme d’affaires Hugo Tanzambi.

4. Condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale, après avoir tenté d’influencer illégalement son procès.

5. Incompétence manifeste au ministère des Transports, avec pour résultat embouteillages chroniques, insécurité routière et naufrages à répétition.

6. Échec retentissant à la Défense, ayant contribué à la chute de Bunagana et à l’effondrement du front face au M23.

Appel à la justice nationale et internationale

Dans ce contexte, la Coordination nationale de la Jeunesse d’Ensemble pour la République formule quatre demandes claires et fermes :

1. La création d’un Tribunal spécial pour la RDC, sous l’égide de l’ONU, afin de juger les crimes de guerre commis par Jean-Pierre Bemba à Kisangani et Mambassa, qui échappent aujourd’hui à la compétence temporelle de la CPI.

2. La relance du dossier pénal de 2007 ouvert contre lui, pour les massacres de Kinshasa, et la poursuite judiciaire effective par l’Auditeur général des FARDC.

3. Sa démission ou son limogeage immédiat du ministère des Transports, pour incompétence notoire et manque total d’éthique politique.

4. Le désaveu populaire, en particulier à Kinshasa, envers ce que Me Mbaki qualifie de « personnage haineux, mensonger, divisionniste et moralement disqualifié ».

« Le Congo ne doit plus tolérer l’impunité »

Pour Me Papy Mbaki Ndombele, cette prise de parole n’est ni un règlement de comptes, ni un simple coup de colère politique : « Il s’agit d’un cri de justice au nom des victimes oubliées, et d’un appel à la mémoire collective. Le peuple congolais mérite des dirigeants à la hauteur de ses souffrances et de ses aspirations. Jean-Pierre Bemba n’en fait pas partie. »

La jeunesse d’Ensemble pour la République se dit prête à mobiliser l’opinion nationale et internationale afin que lumière soit faite sur les zones d’ombre du passé, et que la politique congolaise cesse d’être un refuge pour les criminels reconvertis en donneurs de leçons.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET