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Société

Basankusu en deuil : 86 morts dont 60 élèves dans le naufrage de la rivière Nsolo

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Basankusu, Équateur — L’air est lourd, les pleurs se mêlent aux chants funèbres. Sur les rives de la rivière Nsolo, à Basankusu, les familles endeuillées affluent, cherchant encore à comprendre comment une journée ordinaire a pu se transformer en cauchemar collectif.

Dans la nuit du 10 septembre, vers 22 heures, une embarcation nommée Bokenda, en provenance du secteur de Waka, a chaviré peu après son départ. Le bateau avait pour destination le centre de Basankusu, mais il n’y est jamais arrivé. Pris dans les eaux sombres de la Nsolo, à sa jonction avec la Baringa, il a englouti la quasi-totalité de ses passagers.

Le bilan est effroyable : 86 morts recensés, dont plus de 60 élèves, fauchés dans la fleur de l’âge. À peine huit survivants ont pu être extirpés des flots, grâce au courage des riverains qui se sont précipités dans l’eau à la lueur des torches.

Des écoliers décimés

« Nous avons retrouvé les uniformes d’école flottant à la surface… », raconte, la voix brisée, un instituteur venu identifier les corps de ses élèves. Le silence qui suit ses mots pèse plus lourd que les cris : une génération sacrifiée en une seule nuit, alors que ces enfants ne faisaient que rentrer chez eux.

Les rescapés, hospitalisés dans la petite cité, évoquent la panique, les cris, et le basculement soudain de l’embarcation. « Tout est allé très vite. On a entendu un craquement, puis le bateau s’est renversé. J’ai nagé comme je pouvais », témoigne un jeune adolescent, les yeux encore perdus dans le vide.

Une tragédie récurrente

À Basankusu, ce drame n’est malheureusement pas une première. Les naufrages se succèdent, révélant la précarité des moyens de transport fluvial dans une province où les routes sont rares et où la rivière reste la principale voie de circulation. Embarcations vétustes, surcharge, absence de gilets de sauvetage… les mêmes causes produisent les mêmes effets, mais chaque accident ajoute une nouvelle couche de douleur collective.

L’impuissance et la colère

Sur la berge, les autorités locales tentent de réconforter, promettant des enquêtes et des mesures. Mais dans la foule, beaucoup expriment leur colère :
« Chaque année, on enterre des dizaines de victimes de naufrages. Rien ne change », s’indigne un notable local. « Nos enfants meurent parce que l’État ne nous protège pas. »

La douleur est d’autant plus grande que l’immense majorité des victimes étaient des enfants, symbole d’avenir pour une région déjà marquée par l’isolement et la pauvreté.

Le deuil collectif

À l’hôpital de Basankusu, transformé en morgue improvisée, des dizaines de corps ont été alignés. Des familles reconnaissent un uniforme, un cahier, une paire de sandales. Les pleurs éclatent, les chants religieux accompagnent les cercueils.

Dans les rues, la ville entière vit au rythme du deuil. Les écoles ont suspendu les cours. Les églises organisent des veillées de prière. Le temps semble s’être figé dans cette cité au cœur de la forêt équatoriale.

Une question qui demeure

Comment éviter que la tragédie ne se répète ? À Basankusu comme ailleurs en RDC, la sécurité fluviale reste un immense défi. Tant que les bateaux surchargés, vétustes et non contrôlés continueront de transporter hommes, femmes et enfants, les eaux du fleuve et de ses affluents risquent de se transformer en tombeaux collectifs.

Mais pour l’heure, Basankusu pleure. Une ville meurtrie, une province endeuillée, un pays entier en alerte face à l’ampleur du drame.

Tchèques Bukasa

À la Une

Une première en RDC : Transco passe à la billetterie électronique dès le 1er mai !

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À compter du 1er mai 2026, la société publique Transco franchit un cap historique en amorçant une transformation majeure de ses services. Le réseau de transport en commun annonce la fin définitive de la billetterie en espèces au profit d’un système entièrement électronique.

Fin du cash, fin des contraintes

C’est la fin d’une époque pour des milliers d’usagers. Les billets achetés en liquide, les difficultés liées à la monnaie et les longues files d’attente appartiendront désormais au passé. Cette réforme vise à fluidifier l’accès aux bus et à améliorer l’expérience globale des passagers.

Avec l’introduction de la billetterie électronique, Transco s’inscrit résolument dans une dynamique de modernisation. Paiement digital, gain de temps et simplification des procédures deviennent les nouveaux standards pour les usagers.

Une avancée majeure pour Kinshasa et les provinces

Cette innovation constitue une première en République démocratique du Congo pour un réseau de transport public de cette envergure. De Kinshasa aux autres provinces, cette réforme symbolise une volonté d’offrir des services plus fiables, sécurisés et adaptés aux exigences actuelles.

Au-delà du confort, cette transition vers le numérique permettra également de renforcer la transparence dans la gestion des recettes et de limiter les pertes liées à la manipulation de liquidités.

Un pas vers le futur

Avec cette initiative, Transco ouvre la voie à une nouvelle ère du transport urbain en RDC. Plus moderne, plus sûr et plus efficace, le système de transport public se réinvente pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Le futur de la mobilité congolaise est en marche.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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