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Baïonnette sur la By-Pass : Une passagère grièvement blessée par un militaire à Makala
La circulation déjà chaotique sur la route By-Pass, entre le Rond-point Ngaba et le Triangle/Campus, a viré à la scène d’anarchie ce jeudi 12 mars en soirée. Une passagère d’une trentaine d’années a été blessée à la tête par la baïonnette d’un élément des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), alors que des militaires menaient ce qu’ils présentent comme une “opération d’ouverture de la route” face aux embouteillages.
Selon des témoins, les militaires étaient engagés dans ce qui est communément appelé une “opération de gagne-pain”, consistant à réguler la circulation dans ce tronçon réputé pour ses bouchons interminables.

Une passagère frappée en pleine tête
La victime, identifiée comme Umba Carmelle, revenait de ses courses quotidiennes et se dirigeait vers son domicile lorsqu’elle a été violemment atteinte par un coup de baïonnette lancé par un militaire.
À peine blessée, la trentenaire, habitante de Mbanza Lemba, a tenté d’alerter l’agent incriminé. Mais, selon les témoins, ce dernier lui aurait répondu sèchement : « longwa kuna » – une expression lingala signifiant « dégage ! ».
Grièvement touchée et saignant abondamment, la victime a été secourue par un passager de bonne foi qui l’a accompagnée vers un centre de santé proche.
Une blessure profonde prise en charge
Dans l’établissement sanitaire où elle a été admise, le personnel médical a confirmé que la plaie à la tête était sérieuse. Les soignants indiquent avoir dû pratiquer deux points de suture pour refermer la blessure.
La victime reste sous observation médicale, tandis que l’incident suscite une vive indignation dans le quartier.
Les habitants dénoncent des abus répétés
Des habitants de Makala, témoins ou informés de la scène, dénoncent une nouvelle bavure attribuée à certains éléments des FARDC stationnés depuis un moment au quartier Mabulu I.
Selon eux, ces militaires seraient régulièrement accusés d’arrestations arbitraires, visant notamment des jeunes pour des motifs jugés dérisoires : coiffures jugées non conformes, déplacements tardifs dans la nuit, ou simples contrôles musclés dans la rue.
Face à cette situation, plusieurs riverains appellent les autorités compétentes à intervenir rapidement afin de mettre fin aux abus et rétablir l’ordre dans ce secteur très fréquenté de la capitale.
ExaucéKaya/CONGOPROFOND.NET
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Affaire des « Enfants Mushobekwa »: La fille de Mambabwa brise le silence et livre un témoignage clé sur la nuit controversée
Lors de la 7ème audience tenue ce jeudi 9 avril 2026 dans le dossier opposant les enfants Mushobekwa/Likulia à Philémon Mambabwa, la cour a entendu un témoignage particulièrement attendu. Celui de Malaïka Mambabwa Zegbo, 17 ans, fille du prévenu, venue livrer sa version des faits sur les événements survenus dans la nuit du 20 au 21 décembre au domicile familial.
À la barre, la jeune fille explique avoir obtenu l’accord de son père pour organiser une soirée entre amies, en compagnie de Sakina, une amie, et de sa cousine Léonie. Une rencontre initialement anodine, qui aurait toutefois pris une tournure inattendue. Selon elle, son amie Sakina avait insisté pour inviter son petit ami, Claudien Likulia, récemment rentré à Kinshasa. Après plusieurs refus, Malaïka affirme avoir fini par céder, posant néanmoins une condition : une visite brève et sans accompagnateurs.

Une arrivée non conforme et une situation sous tension
Contre toute attente, Claudien Likulia s’est présenté accompagné de deux autres jeunes, identifiés comme Christopher Likulia et un certain Noah. Malaïka affirme ne pas les connaître et dit avoir immédiatement ressenti un malaise face à cette présence imprévue.
Dans son récit, elle indique que Sakina et Claudien se sont ensuite enfermés dans une chambre pendant plus de trente minutes, suscitant son inquiétude. « Lorsque la porte s’est finalement ouverte, mon père venait de rentrer », a-t-elle déclaré devant la cour, décrivant une scène tendue à l’arrivée du chef de famille.
Intervention du père : entre fermeté et encadrement
Toujours selon la témoin, les jeunes garçons ont tenté de se dissimuler, notamment dans la salle de bain, avant d’être découverts. Elle insiste toutefois sur un point : son père n’avait donné aucune instruction de violence à leur encontre.
Au contraire, affirme-t-elle, il a demandé à ses agents de sécurité de retenir les jeunes gens à la guérite, dans l’attente de l’arrivée de leurs parents le lendemain matin. Une version qui contraste avec certaines accusations évoquées dans cette affaire.
Malaïka Mambabwa Zegbo a également remis en question certains éléments avancés pour justifier la présence des jeunes au domicile familial. Elle qualifie notamment de « mise en scène » l’histoire des médicaments évoquée par certains protagonistes et largement diffusée dans les Réseaux Sociaux.
Enfin, elle a catégoriquement rejeté les allégations de détention dans une cage. Selon elle, les seules cages présentes dans la parcelle familiale sont de petite taille et servent exclusivement à l’élevage de poules et d’oiseaux.
Ce témoignage, livré avec assurance, pourrait peser dans l’appréciation des faits par la cour, alors que ce procès continue de susciter une vive attention.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
