Analyses et points de vue
Azarias Ruberwa Manywa : notaire de la balkanisation et chirurgien du crime légal
Azarias Ruberwa Manywa est la preuve vivante que le diable ne porte pas des cornes, mais une robe d’avocat et un costume trois-pièces. Vice-président, ministre, plume de Laurent-Désiré Kabila en 1997 — le pedigree officiel est celui d’un grand commis de l’État. Mais soulevez la veste, et vous trouvez le treillis d’un rebelle permanent, compressé dans toutes les mutineries qui ont saigné l’Est : AFDL, RCD, et aujourd’hui parrain occulte de l’AFC/M23.
Azarias Ruberwa, c’est l’homme qui le matin rédigeait les discours patriotiques du père LD Kabila, et le soir allait coucher avec les généraux rwandais qui planifiaient le démembrement du pays. Une schizophrénie de haute volée, récompensée par une carrière en or massif. Mais son œuvre grandiose, son bébé monstrueux, c’est l’érection de Minembwe mais aussi Bunyakiri pendant l’occupation de ce territoire par le RCD.
En 2004, par un décret fomenté dans le secret d’un cabinet ministériel, sans Parlement, sans gouvernement, il transforme ce coin du Sud-Kivu en “collectivité-chefferie” où il nomme son propre grand frère. Présenté comme une banale rationalisation administrative, l’acte est en réalité une bombe à fragmentation géopolitique : il crée un noyau territorial sur mesure pour les thèses du “Grand Rwanda” chères à Paul Kagamé.
Minembwe, c’est la tête de pont juridique de l’expansionnisme rwandais, le verrou légal que personne n’ose faire sauter depuis plus de vingt ans. Un chef-d’œuvre de colonisation par décret, signé par un ministre qui jouait au fonctionnaire le jour et au commandant de l’ombre la nuit. Si Machiavel avait eu un notaire, il se serait appelé Azarias Ruberwa. Aujourd’hui, ce chirurgien du chaos a posé le bistouri pour ouvrir un cabinet de financement occulte.
Il alimenterait “Twinareho et Mahoro Peace”, ces succursales armées du RDF/M23, une association macabre, et pantoufle en douce avec la Eastern & Southern African Trade & Development Bank — la guerre ne l’a pas quitté, il l’a simplement intégrée dans un bilan comptable. La BBC le décrivait déjà en 2006 comme “desservi par son passé de chef rebelle et ses liens étroits avec Paul Kagamé” ; vingt ans plus tard, le diagnostic est pire.
Azarias Ruberwa n’est pas un politicien égaré, c’est un comptable du génocide en costume, un notaire de la partition qui a découvert que la loi, bien tournée, peut tuer aussi sûrement qu’une balle. Minembwe est son chef-d’œuvre, mais le cadavre de la RDC est son curriculum vitae.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
