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Avec la migration, le monde va-t-il enfin s’unir ou éclater davantage ?(Une tribune de Nsondey Monsengo, SJ)

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Ceux qui s’adonnent à la définition des mots sont généralement d’avis pour définir la migration comme « le fait de passer d’un pays à un autre, dans le but de s’y installer ». Tirée de plusieurs autres définitions, cette brève façon de dire la quiddité de la migration ferait moins de discordances. Toutefois, dans le concret, le fait semble plus hardi à cerner. Avant de pouvoir définir dans quel sens nous comptons aborder ce phénomène de migration, il nous chaut de passer par une certaine néantisation de multiples faits similaires qui s’y imbriquent, et dont les définitions s’enchevêtrent parfois.

Le premier terme à éclairer sera bien « l’immigration ». Dans des magazines, nous entendons les journalistes inter-changer, et ce de bon aloi, le terme migration et celui de l’immigration. En effet, les deux s’avèrent fongibles dans leur usage. On parle, sans contredit de l’immigration que de la migration, sans jeter la nébulosité sur l’appréhension du message.

Le deuxième terme est celui de « l’émigration ». La migration, parlons de l’immigration et nous dirons pourquoi, est nous l’avons dit, se veut être l’entrée dans un pays dont on n’est pas originel, pour s’y installer. En ce sens, l’émigration l’antinomise, en ce que cette dernière est plus le fait de sortir de son pays d’origine. On le voit, les deux termes sont à la fois antipodiques que jumeaux. Dans la définition l’un exprime l’entrée, l’autre la sortie. Mais dans les faits, les deux termes disent la même chose. Il s’agit en effet des deux formes d’exodes. Car, dans les deux cas celui qui émigre aussi bien que celui qui immigre effectuent un même mouvement : tous se lancent vers l’extérieurs, dans la quête de l’inconnu souvent jugé meilleur que chez soi.

Un troisième terme est celui du refuge. Du verbe « se réfugier », prendre refuge, ou être réfugié exprime le fait de quitter momentanément son milieu de vie, pour trouver de l’abri chez autrui. Dans le concept de refuge, apparaît plus la notion de fuite. Ferait-on fi de l’exil ? Assurément pas. Ce dernier terme, encore plus polysémique s’immisce faiblement dans le discours sur l’immigration. Voilà pourquoi nous suspendons l’investigation sur son approche.

De cette démarche différentielle, nous restons en substance que l’immigration se distingue aussi bien de l’émigration que de la notion de refuge. Radicalement, les trois variantes seraient aisément subsumées sous le même concept de  migration. Par migration, on entendrait plus aisément les trois termes de l’immigration, de l’émigration et du fait de prendre refuse, confusément retrouvés. Migrer en effet, exprime principalement la simple action de se déplacer, sans préciser s’il s’agit de quitter son pays, d’entrer dans un pays ou de prendre refuges dans un pays. Ainsi dit, nous précisons que, dans le sens qui est le nôtre ici, la migration se présente comme interchangeable a l’immigration. En parlant de cette migration ou immigration, nous comptons focaliser notre attention sur l’exode de l’Afrique vers l’occident.

La masse d’Africains qui quitte presque chaque jour leur continent est telle que nous demandons si le monde ne finira pas par s’unir. En effet, il ne fait ombre d’aucun doute que les Etats vivent dans une atmosphère belliqueuse ou le plus fort tente de subjuguer le moins fort, et à dominer le plus le plus faible. Et comme le pense Emmanuel Kant dans son Projet de paix perpétuelle, la tendance naturelle de chaque Etat est d’abord de maximiser ses intérêts propres. Dans leur relation donc, les Etats ne sont pas encore, comme les hommes, sortis de « l’état de nature ». Nous le savons avec Thomas Hobbs, contrairement à Jean-Jacques Rousseaux,  que, l’état de nature est un état d’égoïsme irraisonnable ou l’homme est loup pour l’homme (Homo homini lupus est).

Les immigrés traversant la mer pour rejoindre l’Europe

Cette situation de tension permanente et de guerres toujours actuelles ou possibles n’a guère eut besoin d’une preuve mathématique. Il suffit de jeter un regard perspicace sur la situation de l’Afrique pour se rendre compte que ce continent, sans être immaculée en de sa part, est surtout victime du rapport des forces qui fait la preuve de l’état de nature dans lequel vivent les Etats. A l’exception des quelques organes internationaux, qui n’ont d’ailleurs prospéré, en grande partie qu’en occident, les différents continents se maintient sur des compromis incertains. Avec la course aux armements nucléaires que connait actuellement la scène internationale, on se demande simplement quand est-ce que la toile va-t-elle brûler ? Cependant, préconisent les mêmes penseurs et nous avec, c’est face au danger de l’extermination mutuelle et complète que les hommes finissent par chercher la paix afin d’assurer leur survie. C’est en fait cela la scène que nous présentent les multiples alliances qui se font et se défont entre les nations.

Dans cette situation qui relève du pur réalisme politique, on serait tenté de se demander, que vient faire ici le problème de l’immigration, ou comment en est-on arrivé à toute cette analyse. A qui se pose ces questions, ne reprochons pas témérairement de ne nous avoir pas suivis. Il semble en effet digressif de passer de la question que nous nous posâmes au début du travail vers l’analyse des relations internationales, et delà déboucher dans la course aux armements nucléaires. Cependant, tort à qui pense que ces faits ne sont pas lies. Il convient pour le démontrer de visiter dans un effort méta phénoménal les causes profondes de l’immigration qui bringuebale l’Afrique.

Il ne s’agit pas dans ce point d’émettre un jugement de valeur, ni de faire des jérémiades, moins encore de proférer des accusations, qui à tort ou à raison auraient place dans une telle réflexion. Pour gagner le pari d’une quête méta-phénoménale, il nous faut partir des faits tels qu’ils sont la devant nous dans leur nudité, et delà amorcer un décollage méta-problématique. Apres nous êtres amplement informées, nous pouvons présenter trois raisons majeurs qui poussent les Africains à partir de L’Afrique pour l’occident, on se mettra ici dans la perspective de l’émigration. Ces raisons sont : la crise économique, la crise politique, l’insécurité permanente et le snobisme de plus en plus croissant que favorise la mondialisation.

En un premier stade de réflexion, on trouverait à peine une volonté extérieure agissante  dans la décision apparemment délibérée  que prend un homme ou une femme pour quitter son pays et son continent. Pourtant, dans ce mouvement transparaît un profond cri de détresse ; à ce niveau, le problème devient ontologique. C’est le déboussolèrent d’un étant qui ne peut plus réaliser ou du mois tendre à son plein. Ce qui est pourtant s’impose comme exigence intrinsèque à l’être profond de tout ce qui vit. On est sitôt en droit de questionner d’où viennent ses crises qui paralysent. Sans prétendre ici l’assouvir, mettons-nous plutôt dans une perspective déjà tracée. Disons ceci que ceux qui discutent des causes du mal africain se rangent dans deux principaux arguments. Les uns soutiennent les causes exogènes, tandis que les autres pensent aux causes endogènes à l’Afrique. Sans prétendre trancher le débat. Situons-nous dans l’hypothèse d’un argument synthétique, qui voudrait que l’origine du mal Africain se trouve plutôt dans un concours de causes exogènes et endogènes toutes mêlées.

Si nous admettons cette hypothèse, une voix s’ouvre en faveur de la transcendance des faits. Le premier pas, et celui qui nous préoccupe, est de trouver dans l’immigration, le déplacement d’un peuple déçu, mais qui garde espoir en l’avenir. Les immigrés en effet espèrent pouvoir mieux vivre ailleurs.

Ministre canadien de l’immigration

A la question de savoir si la migration causera l’union ou plutôt l’éclatement du monde, nous voulons formuler à présent une réponse déductible de notre réflexion. A mesure que les immigres sont accueillis et regardés comme des personnes en détresse qui portent l’espoir de bâtir une vie meilleure, la réponse pourrait être positive. Dans cette perspective, la communauté de sécurité s’étendra insensiblement sur toutes les nations. La course aux armements nucléaires, en effet exhibe une urgente nécessité de consolider la paix, par des moyens qui éviteront les guerres entre les Etats. A notre avis cela est tangible par une imbrication d’intérêts et un mélange des personnes. Les peuples se seront indistinctement entremêlés, au point de ne plus trouver intérêt à se faire la guerre. Par contre, que ne voyons-nous pas ? Malgré d’énormes efforts que fournissent des organes internationaux pour maîtriser et donner forme au problème de migration, les immigres continuent d’être objets d’un regard marginalisant. Pour ne prendre que les attitudes que manifestent certains Etats face au problème d’immigration, a l’occurrence la Grande Bretagne qui promet de réduire considérablement son accueil des migrants après le Brexit. L’Allemagne, butée au manque de la main d’œuvre, se propose de recevoir les immigrés sur un principe de compétence. Le gouvernement Belge vient de se diviser ce 18 décembre face au pacte mondial sur l’immigration proposé par l’ONU. Le premier ministre Charles Michel a dû démissionner de ses fonctions sous la pression des parlementaires flamands. Des exemples de ce genre se multiplient. Le pays ou les migrants sont accueillis, ils ne le sont qu’en tant que main d’œuvre. Ce qui suppose que l’intérêt ne se porte pas d’abord sur leur être en péril, mais surtout et plus sur le besoin que manifestent ces Etats d’accueil.

Pour finir avec cette réflexion, nous rappelons avoir tenté de répondre à la question : avec la migration, le monde va-t-il enfin s’unir ou éclater davantage ? Après avoir parcouru l’atmosphère des relations internationales, analyser les causes de la migration et dénicher le message que ce phénomène nous laisse lire, notre réponse se ramène finalement à ce qui suit. La migration peut être à la fois cause de l’union que de l’éclatement du monde. Tout dépend en effet du regard que l’on porte sur les migrants. Dans nos propos, nous suggérions que l’on ne regarde pas comme des envahisseurs, ni non plus comme une main d’œuvre. Que l’on voit dans le migrant un être humain en quête d’une vie meilleure. Un regard orienté sur ce prisme ne peut faire apparaître du migrant, d’abord qu’être plein d’espoir et vigueur pour l’érection d’un monde meilleur. Ainsi pourra se former une communauté de sécurité à l’échelle cosmopolitique. Malheureusement, les Etats d’accueil nous offrent une scène qui présage le pire. Dans ces pays, les migrants sont traits soit pour des envahisseurs, et, par conséquent, ils refusent ; soit pour une main d’œuvre, et, de ce fait, ils sont reçus puisqu’on a besoin mais non puisqu’ils sont dans le besoin. Or, ces mêmes Etats qui stigmatisent les migrants et houspillent l’être même du migrant sont les mêmes qui participent des causes exogènes de la migration. Pis, au sein même du continent, les migrants subissent des sorts ignominieux. Dans cette circularité hostile entre les causes et leurs effets, la migration devient dangereuse, et finira par éclater L’histoire retiendra la scène deshumanisante que vient d’ouvrir la Lybie ces dernière années en vendant les migrants aux enchères.

 

NSONDEY MONSENGO, SJ.

1 Comment

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