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Augustin Kabuya secoue le débat constitutionnel : « Il n’y a que la Bible qu’on ne peut pas toucher ! »
Dans un entretien choc accordé à Jeune Afrique ce mercredi 8 avril, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, défend sans détour une révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Entre critiques de la Loi fondamentale, ouverture à un référendum populaire et démenti d’un agenda caché pour un 3ème mandat, le proche de Félix Tshisekedi adopte un ton offensif qui relance les tensions politiques.

Une Constitution jugée « imparfaite »
Fidèle parmi les fidèles du chef de l’État, Augustin Kabuya s’impose comme l’un des principaux avocats d’une réforme constitutionnelle. S’appuyant sur les conclusions des états généraux organisés fin 2024 au sein de l’UDPS, il affirme que plusieurs dispositions posent problème. « Il ne faut pas se laisser distraire… Il n’y a que la Bible qu’on ne peut pas toucher », lance-t-il, assumant clairement la volonté de revisiter la Loi fondamentale.
Des blocages institutionnels pointés du doigt
Parmi les griefs évoqués, Kabuya cite les lenteurs dans la mise en place des institutions après une élection présidentielle, qui retarderaient l’action du chef de l’État. Il critique également certaines dispositions jugées inadaptées, comme la gestion des minorités dans un pays riche de plus de 450 groupes ethniques, ou encore les contraintes imposées au président pour décréter l’état d’urgence. Pour lui, ces « anomalies » doivent être corrigées sans tabou.
Un héritage constitutionnel contesté
Face aux accusations d’incohérence, le patron de l’UDPS rappelle que son parti s’était opposé à la Constitution adoptée sous Joseph Kabila en 2005. Il estime que ce texte a été imposé et souligne que ses prédécesseurs n’ont pas hésité à le modifier. De Mobutu Sese Seko à Laurent-Désiré Kabila, les révisions constitutionnelles ont été fréquentes, justifiant selon lui une nouvelle réforme aujourd’hui.
3ème mandat : Kabuya botte en touche
Interrogé sur un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi, Kabuya se montre prudent. Il assure n’avoir jamais abordé cette question avec le président et insiste sur la constance de la position de l’UDPS en faveur d’une réforme. Toutefois, il n’exclut pas que « le peuple » puisse décider souverainement via un référendum, ouvrant ainsi la porte à toutes les hypothèses.
Le référendum comme arbitre démocratique
Pour le secrétaire général de l’UDPS, la voie référendaire constitue la meilleure réponse aux divergences politiques. Il affirme que les tensions actuelles sont alimentées par ceux qui refusent l’expression populaire. Dans un contexte sécuritaire fragile, cette option divise néanmoins la classe politique, tandis que certains acteurs redoutent une escalade des crispations.
Tensions politiques et défi sécuritaire en toile de fond
Au-delà de la réforme constitutionnelle, Kabuya s’exprime aussi sur la situation sécuritaire et les rivalités politiques. Il critique ouvertement Paul Kagame, qu’il accuse d’être lié à la rébellion de l’AFC/M23, tout en réitérant ses accusations contre Joseph Kabila. Dans ce climat tendu, la relance du débat constitutionnel apparaît comme un enjeu majeur, à la croisée des ambitions politiques et des défis sécuritaires du pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET