Analyses et points de vue
Au-delà de l’inconcevable : L’énigme du néant en RD Congo
Dans la sphère de la pensée congolaise, l’exploration du néant s’avère être un acte de paradoxes insurmontables. En effet, la RD Congo semble buter sur une énigme essentielle : elle est incapable de concevoir le néant sans le transformer aussitôt en quelque chose de tangible, en lui insufflant une existence qui le nie fondamentalement.
Cette propension à donner forme et substance au néant corrompt sa nature même, le condamnant à un état d’existence contradictoire. Lorsque la RD Congo tente d’appréhender le néant, elle le subvertit involontairement en lui attribuant des attributs qui le rendent impensable dans sa pure abstraction. Par le simple fait de la contemplation, le néant se voit doté d’une réalité factice.
Elle se pare d’une existence artificielle qui va à l’encontre de sa signification intrinsèque. Cette inclination à matérialiser l’impalpable révèle une incapacité à appréhender la vacuité, à laisser l’absence être. Il apparaît donc que le néant, dans le contexte congolais, ne peut être envisagé que dans son absence de pensée. La vie est perdue contre la mort, mais la mémoire gagne son combat contre le néant.
Dès que l’on s’efforce de le conceptualiser, de le saisir, il s’échappe et se transforme en un simulacre dénué de sa nature première. Ainsi, la RD Congo se trouve piégée dans un cycle perpétuel où la tentative de penser le néant le condamne à l’existence, annihilant par là même toute possibilité de véritable contemplation de ce concept métaphysique.
La RD Congo se heurte à une impasse philosophique majeure : la nature même de sa pensée semble incompatible avec la notion de néant, condamnant toute tentative de le concevoir à le transformer en un semblant d’existence. Le paradoxe persistant réside dans cette incapacité à laisser le néant être, à le laisser exister dans son propre effacement.
Ainsi, peut-être que la véritable compréhension du néant en RD Congo réside dans l’acte de ne pas le penser, dans l’acceptation de son imperceptibilité et de son insaisissabilité. L’assiette pleine cache en réalité une assiette vide, comme l’être cache le néant. Le nihiliste est celui qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas exister et tel qu’il devrait être n’existe pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR