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« Assez de duplicité ! »: Ntumba Luaba (MNS) exige justice pour les victimes de Goma et Bukavu

À l’occasion de la présentation officielle du document d’analyse sur les crimes graves et massifs commis lors de la prise et de l’occupation de Goma et Bukavu par les RDF/M23, le Coordonnateur du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS) a lancé, ce mardi 20 mai au Musée national de la RDC, un message fort : il est temps de dire la vérité et d’exiger justice pour les victimes congolaises.

Un long fleuve de sang

Dans son mot d’accueil, prononcé en présence du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le Coordonnateur du MNS a rappelé une évidence que trop de diplomates rechignent à nommer : depuis plus de trente ans, la République démocratique du Congo est en proie à des guerres d’agression successives orchestrées par le Rwanda. Des conflits marqués par l’usage cynique des mêmes prétextes et narratifs, par le recours aux groupes armés et terroristes à vernis congolais, et par une stratégie d’occupation militaire et paramilitaire dissimulée sous des alliances régionales factices.

L’année 2025 marque un tournant particulièrement meurtrier : à partir de janvier, les villes de Goma et Bukavu sont tombées sous l’occupation des troupes du M23, supplétifs des RDF, dans un bain de sang que personne n’a oublié. « Pour toutes ces victimes congolaises, je vous propose de garder une minute de silence », a sobrement déclaré le Coordonnateur.

 

Rétablir la vérité et faire respecter le droit

Le discours dénonce également l’hypocrisie de certains partenaires régionaux, notamment au sein de la CIRGL, qui peinent à appliquer leurs propres protocoles de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Le Coordonnateur a martelé que la RDC ne peut plus tolérer que sa richesse soit à la fois une malédiction et une justification à l’agression.

Citant Albert Einstein-« La paix ne peut être maintenue par la force, elle ne peut être atteinte que par la compréhension »-, il a appelé à un changement de paradigme géopolitique. La paix ne viendra pas d’une simple cessation des hostilités, mais de la fin de l’impunité, du respect de la souveraineté et de l’application stricte des engagements régionaux.

Une dynamique régionale piégée

L’intervention du MNS a aussi dénoncé la duplicité des États impliqués dans les projets dits de développement régional, qui dissimulent parfois une logique d’occupation. Le Coordonnateur a pris pour exemple la coopération transfrontalière autour des bassins du Ruzizi, du Tanganyika ou encore du Parc national de la Ruvubu : autant d’initiatives fragiles, menacées par la persistance de l’agression militaire rwandaise.

Le message est clair : la RDC ne refusera pas la coopération, mais elle la conditionnera désormais au respect intégral de sa souveraineté, de son intégrité territoriale, et à une justice équitable pour les victimes.

Vers une nouvelle doctrine congolaise

Au terme de son allocution, le Coordonnateur du MNS a lancé un appel solennel à la communauté internationale : il est temps que le Rwanda cesse d’abuser de la patience congolaise et des mécanismes diplomatiques. La RDC exigera désormais des garanties, des réparations, et des sanctions. « Nous devons transformer les zones transfrontalières de conflits en bassins de paix. Mais cela ne peut se faire sans vérité ni justice. »

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET