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Assassinat de Rossy Mukendi : nouvelle saisine de l’Auditorat général des FARDC

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Après ses deux plaintes introduites respectivement en juin et septembre 2018 à l’Auditorat général des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) contre les présumés auteurs de l’assassinat de Rossy Mukendi Tshimanga, et demeurées sans suite, sa famille est revenue à la charge, en fin de semaine dernière. Dans une nouvelle saisine signée par Cécile Kangudia Tshimanga (sa tante paternelle), Mireille Kanku Tshimanga et Nathalie Kalanga Tshimanga (ses sœurs) et Yannick Mbuyi Tshimanga (son frère), les plaignants réclament que justice soit faite.

Ils demandent notamment à la justice militaire d’ouvrir une instruction à charge des personnes présumées avoir trempé dans l’assassinat, le 25 février 2018, de leur fils et frère, Rossy Mukendi Tshimanga, atteint par une balle par une policière identifiée comme étant Carine Lokeso, au sortir d’un culte religieux organisé par le CLC (Comité Laïc de Coordination), en prélude à la marche pacifique, programmée le même jour, en guise de protestation contre les velléités de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présidentiel, après avoir épuisé les deux mandats lui reconnus par la Constitution.

La famille du défunt se plaint du classement du dossier sans suite, sans avoir auditionné les présumés suspects, parmi lesquels le général Sylvano Kasongo (Commandant de la police ville de Kinshasa), le colonel Pierrot Mwanamputu (porte-parole de la police provinciale), Carine Lokese, (Commissaire supérieure adjointe présumée auteure du coup de feu mortel) et le bourgmestre de la commune de Ngaba de l’époque.
Signalons que dans ses deux plaintes, la famille de Rossy Tshimanga a formulé des accusations en rapport avec une association de malfaiteurs, d’auteurs intellectuels et matériels et ainsi que de receleurs d’armes et d’effets de crime.

Le Phare

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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