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Après la mort de Mwana Mulenda, le député Éric Tshikuma hausse le ton : « La sécurité des magistrats ne peut plus attendre »

La sécurité des magistrats revient au centre du débat public en RD Congo après la mort de Vincent Mwana Mulenda, président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, à Lubumbashi. Grièvement blessé lors d’une attaque armée à son domicile dans la nuit du 20 au 21 septembre 2026, le haut magistrat a succombé à ses blessures. Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête destinée à établir les circonstances du drame et les éventuelles responsabilités.

C’est dans ce contexte que le député national Éric Tshikuma dit avoir engagé, le 25 septembre, un plaidoyer auprès de la Première ministre Judith Suminwa pour obtenir un renforcement de la protection sécuritaire des magistrats.

Dans une prise de position rendue publique, l’élu de la Funa évoque notamment les menaces récurrentes auxquelles certains magistrats seraient confrontés, citant des visites nocturnes et des agressions. Pour lui, l’attaque ayant coûté la vie à Vincent Mwana Mulenda constitue un signal d’alarme qui appelle, au-delà de l’émotion, à des mesures concrètes.

Des mesures immédiates réclamées au Gouvernement

Le plaidoyer du député porte principalement sur l’application effective du Statut des magistrats et sur le renforcement des dispositifs de sécurité autour des acteurs de l’appareil judiciaire. Éric Tshikuma estime que la protection physique des magistrats ne peut être dissociée de la question de l’indépendance de la Justice.

« L’indépendance de la Justice est en jeu », soutient-il, appelant le Gouvernement à passer à l’action. Son initiative intervient alors que le Conseil supérieur de la magistrature a lui aussi condamné l’assassinat de Vincent Mwana Mulenda et exprimé sa préoccupation face aux actes d’insécurité visant les acteurs de la justice.

La question dépasse ainsi le seul cas du Haut-Katanga. Elle renvoie à la capacité de l’État à garantir aux magistrats des conditions de travail et de sécurité compatibles avec l’exercice de leurs fonctions. Pour le député, la réponse devrait être coordonnée entre les institutions judiciaires, les services de sécurité et le Gouvernement.

Un engagement parlementaire déjà marqué par les questions sécuritaires

Le plaidoyer sur la protection des magistrats s’inscrit dans une série d’initiatives qu’Éric Tshikuma dit mener dans le cadre de son mandat parlementaire. Le 24 juillet 2026, l’élu de la Funa avait notamment soulevé, à l’Assemblée nationale, la situation sécuritaire dans les communes de Makala et Selembao, après plusieurs homicides attribués à des hommes armés. Il avait demandé des enquêtes, un rapport gouvernemental ainsi que l’audition des ministres concernés devant la commission Défense et sécurité.

Sur le terrain législatif, son activité s’est également étendue aux questions relatives aux libertés publiques. En mars 2026, Éric Tshikuma avait déposé 2 propositions de loi portant respectivement sur l’exercice de la liberté de pensée, de conscience et de religion ainsi que sur la liberté d’association. Ces textes visaient notamment à préciser le cadre d’exercice de ces libertés et leurs rapports avec l’ordre public et la cohésion sociale.

En juillet, il est également intervenu dans les débats sur plusieurs textes examinés par la plénière de l’Assemblée nationale, avec des observations et amendements portant notamment sur les enjeux économiques et sociaux.

Éric Tshikuma, un parlementaire qui veut inscrire le plaidoyer dans l’action

À travers son initiative en faveur des magistrats, Éric Tshikuma cherche à faire du Parlement un espace de relais des préoccupations sécuritaires et institutionnelles exprimées sur le terrain.

Son approche repose sur plusieurs leviers : interpellation de l’Exécutif, propositions législatives, motions d’information et plaidoyers auprès des membres du Gouvernement.

La portée concrète de son nouveau plaidoyer dépendra toutefois de la réponse qui sera apportée par l’Exécutif et des mesures effectivement prises pour renforcer la sécurité des magistrats.

L’enquête annoncée après la mort de Vincent Mwana Mulenda devra également permettre d’établir les circonstances précises de l’attaque et les responsabilités éventuelles.

À travers ce dossier, l’enjeu posé par Éric Tshikuma est donc double : protéger ceux qui rendent la justice et garantir les conditions institutionnelles nécessaires à l’exercice indépendant de leur mission. Une question qui place désormais la sécurité des magistrats parmi les sujets susceptibles de faire l’objet d’un suivi parlementaire plus soutenu.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET