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Après la 2e édition du Forum national : Les acteurs de la société civile appellent à des réformes urgentes dans le secteur énergétique en RDC
Les représentants des organisations de la société civile, des communautés locales et des experts des secteurs public et privé ayant participé à la deuxième édition du Forum national de la société civile sur l’énergie en RDC ont dressé un constat mitigé de la situation du secteur énergétique 10 ans après la promulgation de la loi sur l’électricité.
Selon leur déclaration commune, malgré des efforts louables, le taux d’accès à l’électricité demeure encore très faible, à seulement 7,4% en 2024 selon l’ARE, et moins de 1% en milieu rural. Les participants ont également relevé l’existence de plusieurs structures et institutions dans le secteur avec un chevauchement des attributions, l’absence d’un plan directeur de l’électrification nationale et provinciale, ainsi que la lourdeur dans la passation des marchés publics des projets énergétiques.
Face à cette situation, les participants ont formulé une série de recommandations à l’endroit du Président de la République et du Gouvernement, notamment la création d’un état d’urgence énergétique, la nomination d’animateurs compétents dans le secteur, la réadaptation du cadre institutionnel, l’augmentation du financement du secteur dans le budget de l’État, l’accélération de la mise en œuvre des projets énergétiques, le renforcement de la vulgarisation de la loi sur l’électricité, et la mise en place de politiques favorisant l’implication des femmes dans le secteur.
« Nous invitons le leadership du pays au pragmatisme et à prendre des mesures urgentes pour la production d’énergie, sans laquelle le pays sera condamné à rester dans le sous-développement », a déclaré un porte-parole des organisations de la société civile.
Les participants espèrent que ces recommandations seront prises en compte pour relever les défis majeurs du secteur énergétique en RDC et permettre un accès équitable à l’électricité pour tous les Congolais.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
