Actualité
ANSER : 5 ans d’actions pour l’électrification des zones rurales et périurbaines en RDC
Kinshasa, 17 juillet 2025 – Cinq ans après sa création, l’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) a présenté, lors d’un briefing conjoint animé par le Ministre Patrick Muyaya et le DGA Damien Twambilangana, un bilan à mi-parcours de ses réalisations. Créée en 2020 à la suite de la réforme de libéralisation du secteur de l’électricité, l’ANSER se positionne aujourd’hui comme un levier essentiel pour combler le déficit énergétique dans les zones marginalisées du pays.
Depuis 2020, l’agence a misé sur une planification stratégique à travers l’élaboration des Plans Locaux d’Électrification dans les 145 territoires de la RDC. Sur plus de 1 100 projets identifiés, 270 ont été inscrits dans le Programme d’Investissement Prioritaire. À ce jour, 65 projets sont en cours, 22 ont été achevés, et 43 autres sont en bonne voie, avec un taux d’avancement moyen de 60 %. Ces résultats montrent une montée en puissance progressive malgré de nombreuses contraintes.
L’un des objectifs initiaux d’ANSER était de produire 744 MW en cinq ans. Le bilan actuel affiche 30 MW effectivement générés. Bien que ce chiffre soit en deçà des prévisions, l’impact est significatif dans certaines régions, avec des cas de succès comme Bonga Yassa, Lumumba-ville, ou encore Kananga. Le taux national d’électrification, encore à 1 %, devrait atteindre 53 % d’ici 2030 grâce à l’extension des projets.
L’ANSER se distingue de la SNEL par son champ d’intervention. Tandis que la SNEL couvre les zones urbaines, l’ANSER est dédiée aux milieux ruraux et périurbains, souvent délaissés. Elle ne se contente pas de produire de l’énergie : elle finance également des projets, attire des investisseurs privés et couvre le territoire à travers six pools régionaux. Son financement repose sur les dotations budgétaires de l’État et des ressources parafiscales.
Pour les cinq prochaines années, l’ANSER voit grand : produire 8 000 mégawatts et mobiliser 5 milliards de dollars. Avec déjà 20 titres d’opérateurs privés octroyés, l’agence entend renforcer sa présence tout en luttant contre les lenteurs administratives. Son rôle devient crucial pour l’avenir énergétique de la RDC, dans un contexte où l’accès à l’électricité reste un défi majeur pour des millions de Congolais.
Désiré Rex Owamba
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
