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Annulations concerts Koffi, Werra, Ferré, Wazekwa, etc.: Kinshasa doit protéger ses artistes !
La vague d’annulations des concerts d’artistes congolais inquiète. Après Werrason, Ferré Gola et Félix Wazekwa, la salle Paris La Défense U Arena a annoncé, ce 20 octobre, l’annulation du concert de l’artiste musicien Koffi Olomide.
Initialement prévu le 13 février 2021 à Paris la Défense Arena, ce concert avait été reporté ensuite au samedi 27 novembre 2021, enfin pour être annulé.
« Toutes les conditions ne sont pas réunies pour accueillir les plus grandes stars de la musique africaine et internationale et offrir un show à la hauteur des attentes de Koffi Olomide pour son public », annonce sur son site internet, la salle Paris La Défense U Arena.
En effet, la crise de la Covid 19 serait la cause principale de cette annulation, à en croire la même source, qui affirme ce qui suit : « Les conséquences de la pandémie de Covid-19, notamment sur les voyages internationaux, ont malheureusement contraint la production de prendre la décision d’annuler le concert de Koffi Olomidé, initialement prévu le 13 février 2021 à Paris la Défense Arena et reporté au samedi 27 novembre 2021 ».
A ce propos, la salle prévient que les billets achetés seront remboursés dans les points de vente dans lesquels les achats ont été effectués, à partir du vendredi 22 octobre 2021.
L’artiste Koffi Olomide, qui ne s’était plus produit en France depuis plus de 10 ans, avait annoncé, pour ce 27 novembre, « le concert de sa vie », qui a valu un soutien quasi unanime d’artistes du continent et de son pays, à celui qui se prénomme désormais « Dobolo King », au vu de son extraordinaire parcours.
Signalons à cette occasion que plusieurs autres concerts par le passé, d’artistes congolais, avaient été annulés, à Paris, pour raison de sécurité.
La dernière annulation en date est celle de l’ artiste Noël Ngiama Makanda, dit Werrason, après celle de Félix Wazekwa et Ferré Gola.
En ce qui concerne le concert de Werrason, prévu le samedi 25 septembre au Zénith de Paris, c’est la préfecture de Paris qui avait décidé de son annulation, en affirmant avoir constaté des risques de troubles graves à l’ordre public et d’atteinte à l’ordre public et d’atteinte à la sécurité des spectateurs, notamment avec des menaces des manifestations d’opposants radicaux au régime en place.
Rappelons qu’il y a de cela plus de dix ans que les artistes congolais n’arrivent pas à livrer des concerts en occident, notamment en France et ce, pour raison de sécurité.
Pour cause, la montée fulgurante du mouvement dit de combattants, autrefois hostiles au pouvoir de Joseph Kabila.
Pour les combattants, les artistes musiciens étaient parmi ceux qui servaient des béquilles à ce pouvoir qui était à la base de la misère de la population.
Il y a donc lieu de s’interroger sur la vraie raison de l’annulation du concert du Grand Mopao, au moment où d’autres concerts d’artistes africains et français sont maintenus. La crise de la covid 19 ne semble être qu’un prétexte.
Les autorités politiques actuelles, notamment le Ministre de la Culture et Arts, qui gère ce secteur, pourrait chercher à en savoir davantage, car en réalité, nous tendons vers l’extinction de la musique congolaise sur l’échiquier international.
Aussi, en terme d’investissement, c’est un manque à gagner pour nos artistes qui engagent d’enormes dépenses, en terme de préparation.
Sur le plan politique, le pouvoir actuel de Kinshasa a intérêt à s’immiscer, dans ce dossier, pour sauver la culture congolaise, mais surtout pour ne pas endosser le passé noir de son prédécesseur.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
