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Mémoire

Annie Mombunza, la voix de la députée honoraire qui continue de résonner à l’Assemblée nationale

On l’avait quittée députée nationale, battante, passionnée, défenseure acharnée du monde rural. Deux ans après la fin de son mandat, Annie Mombunza n’a rien perdu de son énergie ni de sa foi en la chose publique. L’ancienne élue du territoire de Budjala, dans le Sud-Ubangi, et figure influente du Mouvement de Libération du Congo (MLC), vient de faire un retour remarqué dans les couloirs du Palais du peuple.

Invitée par la Commission Environnement, Ressources naturelles et Développement durable de l’Assemblée nationale, la députée honoraire a apporté son expertise lors d’un atelier consacré à la proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs à l’élevage en République démocratique du Congo.
Une manière de boucler la boucle, car cette loi, c’est elle qui l’avait initiée durant la législature 2018-2023. « Même quand je ne suis plus députée, mon travail républicain garde tout son sens », confie-t-elle, avec un sourire qui en dit long.
« J’ai été conviée à cet atelier pour accompagner le porteur actuel de la proposition de loi, afin d’atteindre enfin l’objectif de promulgation. »

Une reconnaissance tardive, mais méritée

Son invitation n’a rien d’anodin : elle traduit la reconnaissance d’un travail sérieux, souvent sous-estimé à l’époque. La loi sur l’élevage, longtemps débattue, est aujourd’hui considérée comme une base solide pour le développement durable du secteur animal en RDC. « Ma loi est désormais reconnue comme une loi de la République. Merci à ceux qui m’ont écartée injustement de l’Assemblée nationale : mon œuvre restera gravée dans la politique congolaise. Avançons seulement », lance-t-elle, mi-amère, mi-fière.

À travers ces mots, Annie Mombunza rappelle qu’en politique, les idées survivent souvent à leurs auteurs.

Un débat de fond sur la cohérence législative

Mais la parlementaire de conviction ne se contente pas des honneurs. Fidèle à son esprit critique, elle alerte sur les risques de fragmentation législative : « Je me suis toujours opposée à une loi spécifique sur l’élevage et la pisciculture. La loi agricole, en son article 3, englobe déjà la production végétale, piscicole et animale. Si l’on veut séparer l’élevage, il faudrait alors rebaptiser la loi actuelle pour qu’elle ne traite que de la production végétale. »

Pour elle, la démarche la plus sensée serait d’amender la loi agricole existante, notamment en supprimant le second alinéa de l’article 2, plutôt que de multiplier les textes qui se recoupent.

Une femme politique d’impact durable

Toujours membre active du MLC, Annie Mombunza reste fidèle à sa ligne : rigueur, cohérence et travail. Même en dehors de l’hémicycle, elle continue d’influencer les débats et de défendre les causes qu’elle juge justes, loin des projecteurs, mais jamais en retrait. « Servir ne se limite pas à siéger », aime-t-elle rappeler à ceux qui pensent que tout s’arrête avec un mandat.

Par son engagement constant, Annie Mombunza incarne cette nouvelle génération de femmes politiques congolaises qui refusent de se taire, même lorsqu’elles ne détiennent plus le micro officiel. Et visiblement, sa voix continue de résonner fort, jusque dans les travées du Parlement.

Tchèques Bukasa