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Analyse de la première semaine de campagne électorale et présidentielle 2023 en RDC : une déception généralisée
La première semaine de la campagne électorale et présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a suscité une déception généralisée parmi la population. Les attentes placées dans cette période charnière de la vie politique du pays n’ont pas été satisfaites. Nous vous livrons, selon nous, de manière concise les raisons de cette déception et présentons une analyse objective et rationnelle des événements.
Assumer la responsabilité plutôt que de se défausser sur les collaborateurs
Il est courant de sanctionner le chef d’une équipe en cas d’échec, plutôt que de blâmer ses collaborateurs. Cependant, il semble y avoir un décalage dans l’application de ce principe en RDC. Certains reprochent au président sortant de ne pas assumer pleinement la responsabilité du bilan de son quinquennat, en cherchant à se défausser sur d’autres acteurs dont son plus sérieux adversaire Moïse Katumbi Chape. Il est essentiel que les dirigeants politiques assument leurs responsabilités et expliquent clairement leur rôle dans les succès et les échecs de leur mandat. C’est le principe de recevabilité en politique.
Confusion dans la communication de la campagne de réélection
La campagne de réélection du président sortant Felix Tshisekedi a été marquée par une confusion dans la communication. Une campagne de réélection doit reposer sur un bilan clair, expliquant les réalisations et les décisions prises pendant le mandat en cours. L’équipe de campagne doit raconter au peuple congolais l’histoire de ce mandat en commençant par l’héritage objectif laissé par le pouvoir précédent.
Cependant, jusqu’à présent, le vide prévaut dans ce domaine. Les angles d’attaque choisis par l’équipe de campagne soulèvent des questions de respect des institutions, de cohérence et de crédibilité de la parole publique en RDC. Il est crucial de traiter avec respect les décisions de la plus haute cour de justice du pays et de présenter un projet de société solide pour l’avenir. Dire qu’il existerait des candidats de l’étranger et ne pas les mettre hors état de nuire au nom justement de la souveraineté nationale est une faute impardonnable. La première mission du chef de l’Etat dévolue par la constitution étant de veiller à cela. C’est d’ailleurs l’objet de sa prestation de serment.
Les ambitions de Katumbi et les enjeux de l’élection
Moïse Katumbi, également candidat à l’élection présidentielle, cherche à conquérir le pouvoir comme tout politicien en pareille situation. Dans le jeu politique, il est fréquent que les acteurs exagèrent ou fassent preuve de mauvaise foi. Cependant, il est important de souligner que Felix Tshisekedi n’est pas exempt de critiques et ne fait pas exception à cette règle. Il est essentiel de garder à l’esprit que la politique est souvent dépourvue de rationalité et que les ambitions personnelles peuvent influencer les discours et les actions des candidats. Vouloir le pouvoir coûte que coûte en s’affranchissant de toutes les règles morales est dangereux. Nous avons des exemples historiques sur le continent qui ont conduit à l’hécatombe. La RDC qui a déjà plus de 12 millions de morts ne doit surtout pas tomber dans le piège macabre d’une guerre civile. Ce serait suicidaire !
L’élection présidentielle de 2023 en RDC suscite des inquiétudes quant à l’équité et à la transparence du processus électoral. La préparation de cette élection est critiquée par l’opposition et la société civile pour favoriser le candidat sortant et potentiellement faciliter la fraude électorale. Cette situation a conduit Moïse Katumbi à jouer selon les règles établies, en se pliant aux exigences du système politique en place. Cependant, il est essentiel de rappeler que ces tactiques politiques ne servent pas toujours les intérêts du pays et que la RDC risque de perdre dans tous les scénarios envisagés. Il est donc crucial de promouvoir la transparence, la démocratie et la responsabilité des dirigeants dans l’intérêt du peuple congolais.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
