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Alerte au CCAPAC : Les agents refusent une nouvelle chaîne de commandement sans audit administratif
Le torchon brûle au Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique centrale (CCAPAC – Grand Tambour). Le personnel du Centre dénonce une tentative de « déstabilisation » de son fonctionnement à la suite d’une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine demandant l’installation, dès le vendredi 14 août, de directeurs et agents désignés par 2 arrêtés ministériels datant de juillet 2025.

Une installation programmée dans l’urgence
Selon le communiqué du personnel, la cérémonie d’installation est prévue vendredi 14 août 2026 à 10 heures, soit moins de 48 heures après la notification de la correspondance adressée à la Direction générale du CCAPAC.
Cette programmation suscite l’inquiétude des agents en fonction, qui dénoncent une opération menée sans concertation et susceptible de modifier immédiatement la chaîne de commandement, l’organisation des services ainsi que les responsabilités au sein du Centre.
Tout en réaffirmant leur respect de l’autorité de tutelle, les agents plaident pour une vérification administrative préalable afin de préserver la sécurité juridique, la continuité du service et les droits des différentes personnes concernées.
Le personnel rappelle avoir transmis, le 18 juin 2025, une liste de 221 cadres et agents effectivement en exercice, conformément aux orientations du Comité de pilotage.
Le Centre affirme également avoir collaboré avec le cabinet de la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine sur le projet de cadre organique du CCAPAC. Par ailleurs, une réforme du décret fondateur du Centre serait actuellement engagée sur instruction de la Première ministre, afin d’adapter davantage l’institution à ses missions et à son cadre organique.
Pour les agents, ce contexte de réforme impose davantage de prudence, de concertation et de vérifications avant toute nouvelle réorganisation.
Une controverse autour de la prise en charge salariale
Au cœur de la contestation figure également la situation salariale des agents actuellement en fonction.
Le personnel affirme que le cabinet de la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine aurait demandé au ministère du Budget de suspendre le processus de prise en charge et de paiement des agents travaillant effectivement au CCAPAC, alors que ceux-ci n’auraient bénéficié d’aucune prise en charge salariale gouvernementale depuis janvier 2025.
Ces agents soutiennent pourtant assurer quotidiennement les activités administratives, techniques, artistiques et culturelles du Centre depuis son ouverture.
Des listes de paie au cœur des inquiétudes
Le personnel dénonce parallèlement la présence présumée, sur les listes de paie, de personnes dont le travail effectif au CCAPAC ne serait pas établi.
Selon le communiqué, certaines de ces personnes n’auraient jamais exercé au Centre et seraient déjà fonctionnaires dans d’autres institutions publiques.
Face à ces allégations, les agents demandent une vérification individuelle et contradictoire reposant notamment sur les matricules, les actes d’affectation, les services d’origine, les prises de service, les registres de présence et les situations salariales.
Ils estiment qu’une opération menée sans contrôle préalable pourrait pénaliser les agents effectivement présents et soulever des questions d’équité, de protection des droits des travailleurs et de gestion des deniers publics.
Le personnel exige le report de la cérémonie
Le personnel du CCAPAC demande ainsi le report de la cérémonie d’installation du 14 août. Il souhaite notamment obtenir la vérification contradictoire des arrêtés et des situations individuelles, la clarification des rattachements administratifs et l’harmonisation des affectations avec le cadre organique du Centre.
Il réclame également que toute inscription, suspension ou modification des listes de paie soit précédée d’une vérification, tout en appelant à la protection des agents effectivement en service et à la préservation de la continuité du service et des deniers publics.
Une opposition annoncée, sans incident
Le personnel demande par ailleurs la tenue urgente d’une réunion de concertation réunissant la tutelle, le Secrétariat général, le CCAPAC ainsi que, si nécessaire, les services compétents des ministères du Budget et de la Fonction publique.
Il prévient que, si les représentants de la tutelle se présentent malgré la demande de report, ils seront accueillis dans le respect de leur qualité. Les agents entendent toutefois maintenir leur ferme opposition à toute installation effectuée avant la vérification contradictoire des arrêtés, des situations individuelles, des rattachements administratifs et des listes de paie.
Ils demandent qu’un procès-verbal circonstancié consigne le déroulement de la mission ainsi que leurs réserves, précisant que l’accueil des représentants de la tutelle ne saurait être considéré comme une approbation des installations envisagées.
Le dialogue plutôt que l’affrontement
En conclusion, les membres du personnel du CCAPAC réaffirment leur attachement au dialogue institutionnel, à la légalité, à la justice administrative et à la mission culturelle du Centre.
Ils appellent les autorités à prendre toute décision concernant leur avenir dans le respect des compétences de chaque institution, de l’autonomie administrative du CCAPAC, des droits des agents effectivement en service et de « l’intérêt supérieur de l’État ».
Le communiqué est signé par Tshamala Dinanga Rémy-Césaire, Chargé des Médias du CCAPAC – Grand Tambour.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET