Diaspora
Agression de Boketshu 1er : La charge explosive de sa fille contre le régime Tshisekedi
La scène a glacé les réseaux sociaux : Boketshu Wa Yambo, figure centrale de l’opposition congolaise en exil, gît à terre, dénudé, frappé, humilié. L’activiste a été attaqué en pleine rue, à Linkebeek, une commune de la périphérie bruxelloise. Ses agresseurs, visiblement organisés, ont filmé leur forfait, dans un geste à la fois brutal et symbolique.

Mais l’affaire a pris un tournant encore plus retentissant avec la sortie médiatique de Davina Boketshu, la fille du militant. Devant caméras et micros, elle accuse frontalement le régime de Kinshasa, et plus particulièrement la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, d’être derrière cette agression planifiée. Une sortie qui secoue l’espace public et relance les débats sur les intimidations politiques contre les voix dissidentes.
« Nous avons vos noms, vos messages, les preuves »
Dans une vidéo virale, Davina Boketshu ne mâche pas ses mots. D’un ton ferme, elle s’adresse à ceux qu’elle accuse : « Certains politiciens appellent mon père en tentant de se justifier. Vous vous sentez coupables ? Ne vous inquiétez pas, les convocations arrivent. Nous avons vos noms, vos messages, les preuves. Bientôt, tout sera dévoilé. Vous ferez face à la justice des hommes et de Dieu ».

La jeune femme affirme que l’agression était préméditée, que son père a été piégé, frappé, déshabillé et filmé dans le but de l’humilier. Selon elle, il ne s’agit pas d’un simple acte de violence, mais d’une opération de communication politique visant à briser une figure de l’opposition.
Une figure ciblée parmi d’autres

Boketshu Wa Yambo n’est pas un cas isolé. Dans les milieux de la diaspora dite « combattante », l’agression suscite une onde de choc. Elle réactive les peurs d’une traque ciblée des opposants vivant à l’étranger.
D’autres figures sont régulièrement menacées ou harcelées : Nikki Maserati, Maboso Leka Boston alias « Colonel Miguel », Daddy Nganga dit « Zorobilel », Francis Matumona, Congo d’abord, Mbasi Congo, Maman leader, Monseigneur, Commandant Esso, Greffe international, etc. Autant de noms associés à une diaspora militante, souvent intransigeante vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa.
Ces « Combattants » sont issus d’un mouvement transnational né dans la douleur des conflits congolais, des violences électorales et de l’impunité persistante. Ils dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire du régime et le silence complice des institutions internationales.
Kinshasa accusé, Bruxelles interpellée

L’accusation visant la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi marque une escalade. Si aucune preuve formelle n’a encore été rendue publique, Davina Boketshu promet des révélations explosives et annonce des actions en justice.
À Kinshasa, le silence est pour l’instant assourdissant. Aucun communiqué officiel n’a été émis pour condamner ou commenter l’agression. À Bruxelles, des voix s’élèvent pour demander une enquête judiciaire indépendante et protéger les opposants congolais présents sur le sol belge.
Une affaire de plus dans une guerre souterraine

Ce que révèle l’affaire Boketshu, c’est l’ampleur d’une guerre souterraine entre le pouvoir congolais et sa diaspora dissidente. Ce n’est pas la première fois que des militants de l’étranger dénoncent des tentatives d’intimidation, mais rarement la violence n’avait été aussi médiatisée et frontale.
Davina Boketshu, en montant au créneau, ne se contente pas de défendre son père. Elle incarne une nouvelle génération de militants et de militantes, prêts à affronter la machine politique en s’appuyant sur les réseaux sociaux, la documentation, les relais judiciaires internationaux.
Quelle suite ?
L’affaire Boketshu pourrait bien devenir une bombe politique si les éléments promis sont rendus publics. D’ores et déjà, elle met en lumière les tensions persistantes entre un régime en quête de contrôle et une diaspora déterminée à faire entendre sa voix, au prix parfois de sa sécurité.
Les jours à venir diront si cette affaire accouchera d’une tempête judiciaire ou si elle sera, comme tant d’autres, étouffée sous le poids du silence diplomatique. Mais une chose est sûre : Davina Boketshu a placé les projecteurs là où le pouvoir congolais ne les voulait pas.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Diaspora
DIASPO SUMMIT AFRICA 2026 : Isaac Mukendi veut faire des communes le nouveau moteur de l’investissement en RDC
À Casablanca, lors de la 6ᵉ édition du DIASPO SUMMIT AFRICA 2026, Isaac Mukendi Tshishimbi a marqué les esprits en appelant à faire des communes et territoires de la RDC les nouveaux pôles d’investissement pour la diaspora congolaise. Devant des centaines de Congolais vivant au Maroc, l’autorité locale de Limete a plaidé pour une transformation profonde du rôle des institutions locales, estimant qu’elles doivent désormais devenir des espaces d’initiatives économiques structurées, capables d’attirer les capitaux, les compétences et les partenariats de la diaspora.

Intervenant sur le thème « Institutions locales en RDC et opportunités d’investissements pour la diaspora », Isaac Mukendi a défendu une vision fondée sur la proximité, la gouvernance territoriale et la valorisation des potentialités locales. Pour lui, les transferts de fonds de la diaspora ne doivent plus se limiter à la consommation familiale, mais être orientés vers des investissements productifs dans l’assainissement, l’immobilier, l’énergie, la mobilité urbaine, l’agriculture périurbaine et la digitalisation des services publics. Une prise de parole remarquée, qui place les communes au centre du débat sur le développement durable et le renouveau économique de la RDC.
Au cours des échanges, le bourgmestre adjoint de Limete a insisté sur la nécessité de repenser le rôle des entités territoriales décentralisées dans la dynamique de développement du pays. Selon lui, les communes, les villes et les territoires ne doivent plus être perçus comme de simples structures administratives, mais comme de véritables leviers de croissance économique et sociale.

« Les communes doivent devenir des espaces d’initiatives économiques structurées », a-t-il martelé devant l’assistance, composée de membres de la diaspora, d’investisseurs, d’acteurs institutionnels et de partenaires marocains.
Dans cette perspective, il a mis en avant plusieurs secteurs jugés prioritaires pour attirer les investissements de la diaspora congolaise. Parmi eux figurent notamment l’assainissement et la gestion des déchets, enjeux majeurs dans les grandes agglomérations, la mobilité urbaine pour répondre aux défis des embouteillages, ainsi que l’immobilier et le logement social, dans un contexte d’urbanisation croissante.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
