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Affaire « Rawbank Victoire »: Les otages du braquage de nouveau séquestrés par la police
Les rescapés du braquage spectaculaire survenu jeudi 16 octobre à la succursale Rawbank Victoire, dans la commune de Kalamu, n’en finissent pas avec le cauchemar. Après avoir survécu à la fusillade entre policiers et braqueurs, plusieurs clients et employés présents dans la banque au moment des faits ont passé la nuit du jeudi à vendredi à l’Inspection Provinciale de Kinshasa, plus connue sous le nom d’IP Crime.

Selon plusieurs témoignages recueillis, ces personnes, simples civils et victimes du drame, ont été retenues dans des conditions inhumaines et dégradantes. Faute de moyens, certaines ont dormi à même le sol, dans des locaux insalubres, “près de la pisse”, confie un proche d’une des personnes interpellées. Pour obtenir de l’eau, il leur aurait fallu débourser entre 5.000 et 10.000 francs congolais.
“Hier, ils étaient pris en otage par des braqueurs armés. Aujourd’hui, ils sont otages d’un système policier qui les traite comme des suspects”, s’indigne un membre de famille joint ce vendredi midi.
Malgré leur statut de victimes directes du braquage, plusieurs d’entre elles sont toujours retenues ce vendredi à midi. Pendant ce temps, la Rawbank aurait, selon des sources internes, déjà payé la caution exigée pour la relaxation de ses agents. Les autres, de simples clients venus effectuer leurs opérations bancaires, demeurent entre les mains des services de sécurité.
Un double traumatisme pour les victimes
Alors que la plupart des témoins sont encore sous le choc des tirs nourris qui ont retenti à la Victoire, leur rétention prolongée sans motif clair ni assistance psychologique ajoute une nouvelle couche de traumatisme. Des familles, déjà bouleversées par la violence du braquage, dénoncent une dérive policière et s’interrogent sur les procédures opaques de cette détention.
“Ce sont des civils, pas des complices. Pourquoi les garde-t-on comme des criminels ?”, s’interroge un avocat contacté sur place.
Appel à une réaction urgente
Des voix s’élèvent pour demander l’intervention du ministre de l’Intérieur, du procureur général et des organisations de défense des droits humains afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces citoyens.
Ce qui devait être une simple audition de témoins s’est transformé en une privation arbitraire de liberté.
Kinshasa retient son souffle : après la peur du braquage, c’est désormais la colère contre les abus policiers qui monte dans la capitale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET