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Affaire « Pagode de la N’Sele » : Des occupants traînent un colonel de la Garde Républicaine, Harish Jagtani et Bahati Musaka devant la Haute Cour militaire
Un nouveau dossier foncier aux allures de scandale éclate dans la capitale congolaise. Des occupants du site de la Pagode, dans la commune de N’Sele, ont saisi l’Auditeur général près la Haute Cour militaire pour dénoncer ce qu’ils présentent comme une opération d’éviction menée avec l’implication présumée d’éléments de la Garde républicaine.
Dans leur plainte, introduite par Maître Rabbi Kadakala, les requérants visent le colonel Delphin Kafuku, Monsieur Bahati Musaka Patient ainsi que l’homme d’affaires Harish Jagtani, représentant de Modern Construction SARL. Ils sollicitent l’ouverture d’une enquête afin que les responsabilités soient clairement établies.

Des parcelles acquises « en toute légalité », selon les plaignants
Les occupants affirment avoir acheté leurs parcelles dans les règles auprès de Monsieur Mobutu Nzanga Zebai Joseph, présenté comme l’un des héritiers de la succession Mobutu.
À leurs yeux, les titres et documents dont ils disposent attestent de la régularité de leurs acquisitions. Ils estiment, dès lors, avoir été injustement dépossédés de terrains qu’ils occupaient et mettaient déjà en valeur.
Une succession de transactions qui complique le dossier
Les pièces consultées révèlent un enchevêtrement de transactions autour de cette concession.
Selon ces documents, Monsieur Bahati Musaka Patient avait acquis une concession auprès des héritiers de la succession Mobutu avant d’en céder une partie à Modern Construction SARL, représentée par Harish Jagtani.
Un protocole d’accord conclu le 22 avril 2026 aurait ensuite prévu l’attribution de 15 hectares supplémentaires à Monsieur Mobutu Nzanga Zebai Joseph. Mais, d’après les plaignants, cette superficie se situait dans une zone marécageuse, peu propice à une occupation effective.
Le 25 mai 2026, une réunion tripartite aurait chargé Monsieur Mobutu Nzanga Zebai Joseph d’identifier les occupants présents sur une partie du terrain afin d’engager avec eux des discussions en vue d’une éventuelle cession au profit de Modern Construction SARL.
L’intervention présumée de militaires au cœur de la plainte
C’est sur ce point que l’affaire prend une dimension particulièrement sensible.
Les plaignants soutiennent que des éléments de la Garde Républicaine, agissant sous les ordres présumés du colonel Delphin Kafuku, seraient intervenus pour interrompre les travaux entrepris sur les parcelles avant de procéder à l’expulsion des occupants.
Ils affirment également que l’homme d’affaires Harish Jagtani aurait fait ériger une clôture sur le site avec l’appui de militaires déployés sur place, une démarche qu’ils considèrent contraire aux procédures légales.
La Haute Cour militaire appelée à faire la lumière
Dans leur requête, les occupants estiment que l’implication présumée de militaires dans un litige foncier de nature civile pourrait constituer une violation des règles régissant les forces armées.
Ils évoquent notamment une possible violation de consignes dans le chef des militaires ainsi qu’une incitation à poser des actes contraires à la loi de la part des autres personnes mises en cause.
Pour cette raison, ils demandent à l’Auditeur général près la Haute Cour militaire d’ouvrir une enquête afin d’établir les responsabilités de chacun.
Un dossier qui relance le débat sur les conflits fonciers
Cette nouvelle affaire remet en lumière la complexité des conflits fonciers à Kinshasa, où les revendications de propriété, les successions, les ventes multiples et les interventions controversées alimentent régulièrement les contentieux devant les juridictions.
À ce stade, le colonel Delphin Kafuku, Monsieur Bahati Musaka Patient, Harish Jagtani ainsi que Modern Construction SARL ne se sont pas encore exprimés publiquement sur les accusations portées contre eux.
En attendant leur version des faits, l’évolution de cette procédure devant l’Auditorat général près la Haute Cour militaire sera suivie de près, tant par les occupants de la Pagode de la Nsele que par les observateurs du secteur foncier.
Horly Barca Fibilulu / CONGOPROFOND.NET