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AFFAIRE « ONATRA-IMD » : Fautes de gestion, gangstérisme et mensonges grossiers révélés dans une enquête !
Selon l’enquête de l’Agence Intelligence Economique, la vraie raison du non-développement de l’ONATRA est la mauvaise gestion des Fonds RLT par la Direction Générale, incapable de justifier plus de 500 millions de dollars obtenu de ce fonds
LA JUSTICE N’Y EST POUR RIEN !
Selon l’enquête de l’Agence Intelligence Economique, la vraie raison du non-développement de l’ONATRA est plutôt la mauvaise utilisation des Fonds RLT par la Direction Générale de cette entreprise dont l’Etat est le seul actionnaire.
Alors que la SNCC, bénéficiaire de ces mêmes fonds, depuis seulement 2018, a pu s’acheter des équipements pour son développement (Source Fec), l’ONATRA est incapable aujourd’hui, de justifier plus de 500 millions de dollars, qu’elle a obtenu durant plus d’une douzaine années, issus de cette même redevance spéciale.
Cependant, au lieu de justifier le non-paiement des factures de l’IMD relatives à la fourniture des matériaux qui ont servi à ce jour à la réhabilitation des quais 1 et 2 du Port International de Matadi. Dépenses qui du reste, éligibles au Fonds RLT depuis 2017 comme cela a été confirmé plusieurs fois par les Chefs des Gouvernements qui se sont régulièrement succédés en République Démocratique du Congo.
L’Agence Intelligence Economique se basant sur les conclusions de son rapport d’enquête estime que le cas IMD constitue, à ce jour, rien d’autre qu’un cas d’abstention coupable et de refus catégorique de la part de la Direction Générale de l’ONATRA d’exécuter les instructions du Gouvernement en faveur du développement de cette entreprise dont l’Etat Congolais est l’actionnaire unique.
CONCLUSIONS DE L’ENQUETE
Depuis le 22 décembre 2023, la Sarl Internationale Marketing and Distributing & Cie suit la procédure. Après avoir constaté le refus et la mauvaise foi manifeste de la Direction Générale de l’ONATRA de pouvoir honorer les engagements négociés et pris communément entre parties sous l’autorité du ministre de Portefeuille, validés par le Premier Ministre et le Conseil d’administration de l’ONATRA, s’est résolue de procéder au recouvrement forcé, en se basant sur un arrêt de la cour d’appel de Kinshasa¬Gombe siégeant en matière civile au second degré rendu le 07/09/2023 sous RCA 38.817, lequel est définitif puisque frappé d’un certificat de non-pourvoi en cassation n° 032/2024 délivré en date du 23/04/2024 par la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage « CCJA » d’Abidjan (équivalent de la Cour de Cassation en matière commerciale dans l’espace OHADA), et d’un rapport contradictoire d’expertise financière de l’INS initiée du reste par l’ONATRA sous les bons offices de la Ministre du Portefeuille.
Aujourd’hui, la Sarl Internationale Marketing and Distributing & Cie est en train d’assister impuissante face à l’utilisation de ses profilés et autres matériaux que l’ONATRA, si bien que cette dernière refuse de payer la totalité de sa facture et les intérêts moratoires occasionnés. En sus, l’ONATRA utilise l’excédent des profilés revenant de droit à IMD SARL sans aucune autorisation, dans le cadre de d’un prolongement de la réhabilitation qui va au-delà des quais 1 et 2 du Port International de Matadi pour lesquels la quantité était prédéfinie, livrée et dûment réceptionnée.
L’Inspection Générale des Finances s’est enfin prononcée, contrairement aux allégations de l’ONATRA qui avait pris comme prétexte depuis plus de trois ans pour ne pas procéder aux paiements. L’Inspection Générale des Finances, qui a non seulement reconnu le caractère exécutoire de l’arrêt, a aussi enjoint à l’ONATRA de payer le contrat complémentaire et dans la même lettre, conseillé à l’IMD d’utiliser toutes les voies de droit pour recouvrer sa créance.
Il convient de noter qu’à l’état actuel de ce dossier, IMD SARL est en droit d’exécuter ses décisions de justice en tout lieu ou état de l’espace OHADA ou d’ailleurs, où des intérêts de l’ONATRA peuvent être identifiés ce, par une procédure d’exequatur prévue en droit, ce qui auraient des conséquences fâcheuses et ternirait l’image de marque non seulement de l’ONATRA mais aussi de la République Démocratique du CONGO.
Néanmoins, usant de ses droits, l’entreprise IMD & Co a opéré trois séries des saisies, la première a 7.5% de la créance tandis que la seconde était à 5,7% et la troisième est à 4. Dans toutes les séries, l’ONATRA a sollicité des mainlevées pour empêcher les paiements au niveau des tribunaux de Matadi et de Kinshasa.
Sur les trois procédures de mainlevée initiées par l’ONATRA, une a obtenu l’arrêt confirmant la saisine et deux autres sont en attentes dans les cours. La Cour a estimé que seul le Tribunal de Commerce de Matadi où les saisies furent pratiquées est compétent pour recevoir les contestations.
Par ailleurs, il faut aussi préciser que l’ONATRA s’est appropriée l’excédent des matériaux appartenant IMD & Co sans son autorisation. Par-là, la Direction générale de l’ONATRA est en train de faire le gangstérisme suranné, confondant les immunités de la force publique, à la nature commerciale de son entreprise.
Un autre fait suranné qui a attiré l’attention des enquêteurs de l’Agence Intelligence Economique. Il s’agit de l’arrestation de certains mandataires, membres du Conseil d’administration de l’entreprise, autour de cette affaire et cela, durant huit mois sans qu’un début des preuves des malversations leurs imputés ne soit apportées.
Maintenant, curieusement les organes de l’ONATRA fustigent les mêmes juges qu’ils avaient autrefois utilisés pour faire arrêter lesdits mandataires qui ont été affranchis par la justice à la suite de la clarification apportée par la défense de l’IMD.
La Sarl IMD & Co a tout perdu mais détient toutes les preuves de ce gangstérisme et s’apprête à commencer les procédures internationales pour faire un recouvrement par la procédure d’exéquatur.
Ruth Lukau, Directrice Agence Intelligence Économique
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
