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Affaire » Chantage 209 appels » : La réplique sanglante de Daniel Safu à Molendo Sakombi !
Accusé de diffamation et de chantage par le ministre des Affaires foncières, Molendo Sakombi, le député national Daniel Safu Butshumuni est monté au créneau, ce jeudi 27 octobre, pour donner sa version de fait.
En effet, alors que le ministre s’est plaint de 209 appels en absence, en deux ans, de la part du député lui demandant de l’argent, ce dernier a débarqué sur le plateau de Canal Presse, émission politique animée par Jules Bulembi sur Canal Kin TV, avec plusieurs dossiers sous les bras.
» C’est du mensonge ! Techniquement, c’est impossible de garder 209 appels dans son téléphone. Ancien enseignant, je ne peux pas commettre des fautes de français comme cela apparaît dans les messages que le minsitre m’impute. Toutes mes connaissances savent que Daniel Safu n’a pas de photo de profil sur son WhatsApp… », s’est-il défendu d’entrée de jeu.
Puis d’ajouter : » Partant de l’hypothèse que ce message était mien, c’est grave que le ministre fasse des fautes d’orthographe en français comme il le montre lui-même ! C’est un montage mal ficelé. Voyez l’inadéquation dans les minutes d’appels et aussi dans la partie verte des messages reçus, puisque c’est une capture d’écran, on voit clairement que c’est un montage ! Si à ce niveau de responsabilité, on fait des choses pareilles, c’est de l’immoralité ! « .
Au sujet des appels de chantage sur le ministre sur fond d’une motion, Daniel Safu souligne qu’il s’agissait plutôt des démarches qu’il menait pour s’enquérir de la situation d’arrestation deux syndicalistes du ministère des Affaires foncières. » En présence des témoins, je l’ai appelé plusieurs fois, sans qu’il ne décroche et puis il m’a donné deux faux rendez-vous… Il promet de me faire arrêter dans une semaine oubliant le caractère d’immunité et inviolabilité du député. Il s’agit de ma vie, même si je l’avais appelé 209 fois, c’est à la télévision qu’il faut le révéler ? C’est de l’idiotie ! Jamais un homme d’Etat ne peut agir ainsi ! », a-t-il appuyé.
Accusant le ministre d’être auteur d’une falsification, le ministre a appuyé qu’il s’agit d’une pratique familiale, car son défunt père, Dominique Sakombi Inongo, avait, en son temps, falsifié une scène de la vie de Mobutu buvant un verre de sang humain. « C’est de la fausseté. La famille Sakombi a-t-elle un honneur à défendre ? Son père a été chassé de la Haute Autorité des Medias pour détournement de 100.000 USD. Tel père, tel fils ! », a-t-il lâché.
Concernant l’immoralité dont il accusé, Daniel Safu révèle qu’au cours d’un conseil des ministres, le Chef de l’État, lui-même, avait expressément demandé à Molendo Sakombi de cesser de s’afficher dans des concerts de JB Mpiana.
Somme toute, l’élu du Mont-Amba exige des excuses publiques du ministre. » S’il ne le fait pas, il le fera au Parlement ! », a-t-il conclu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
