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Adolphe Muzito : Le réalisme budgétaire qui restaure la crédibilité de la RDC
Dans un contexte où les économies africaines sont souvent critiquées pour leur manque de transparence et leur gestion budgétaire hasardeuse, la RD Congo opère un virage historique sous la direction du Vice-Premier Ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito Fumutshi qui apporte une révolution silencieuse dans la gestion des finances publiques.
Alors que le budget national était traditionnellement caractérisé par des anticipations optimistes rarement concrétisées, Adolphe Muzito impose une rigueur chiffrée qui contraste avec les pratiques du passé. Le passage du budget national de 16 milliards de dollars annoncés sous son prédécesseur Aimé Boji à 13 milliards de dollars pour 2026 n’est pas un signe de régression, mais bien la preuve d’une démarche réaliste et responsable.
Adolphe Muzito a introduit une méthodologie inédite dans l’élaboration du budget national. C’est le passage du rêve à la réalité des chiffres dans une approche innovante et participative. Contrairement à ses prédécesseurs, qui souvent annonçaient des chiffres ambitieux sans consulter les réalités sectorielles, il a lancé des consultations individuelles avec chaque ministère pour recueillir leurs besoins réels et ajuster les prévisions en conséquence.
Cette démarche participative, saluée par des membres du gouvernement comme le ministre de la Justice Guillaume Ngefa, permet de coller aux réalités opérationnelles et d’éviter les promesses intenables. La réduction du budget de 16 à 13 milliards de dollars n’est pas une coupe aveugle, mais un réajustement stratégique basé sur une évaluation réaliste des capacités de mobilisation des recettes.
Comme l’a souligné le VPM Muzito lui-même, il s’agit de dépenser ce que le pays peut mobiliser, et non ce qu’il rêve de produire. Cette approche évite l’endettement excessif et préserve la souveraineté financière de la RDC. Quels sont les éléments structurants du nouveau budget ? Il y a tout d’abord une gouvernance budgétaire modernisée. Sous l’impulsion d’Adolphe Muzito, le budget 2026 intègre des réformes structurelles clés.
Notamment la numérisation des marchés publics pour plus de transparence, la révision des circuits de dépense pour éviter les gaspillages, la création d’une Direction des Enquêtes et Analyses Macro-budgétaires pour mieux piloter les finances publiques et des postes budgétaires ambitieux mais réalistes.
Le nouveau budget accorde une priorité aux secteurs sociaux (éducation, santé, infrastructures) tout en maintenant une orthodoxie financière. Par exemple, les allocations pour la gratuité scolaire et la couverture sanitaire universelle ont été augmentées, mais sans compromettre l’équilibre global.
Cette dualité entre investissements sociaux et rigueur budgétaire est une marque de fabrique de la méthode Muzito. Le réalisme budgétaire de Muzito redonne confiance aux partenaires internationaux comme la Banque mondiale, la BAD et l’Union européenne. Sous le mandat d’Aimé Boji, la RDC avait mobilisé près de 2,8 milliards de dollars via des programmes internationaux, mais ces fonds étaient souvent gaspillés faute de planification réaliste.
Désormais, les partenaires savent que les engagements de la RDC sont tenables et que les fonds seront utilisés de manière optimale. En évitant de promettre des chiffres irréalistes, Adolphe Muzito écarte le risque de dépendance à l’endettement. Comme il l’a lui-même rappelé, la dette publique “neutralise la construction de l’avenir”. Cette philosophie s’inscrit dans la continuité de son action passée.
En tant que Premier ministre (2008-2012), il avait déjà contribué à la réduction de la dette congolaise de 14 à 4 milliards de dollars. Sous Aimé Boji, le budget national était passé de 8,3 milliards de dollars en 2021 à près de 17,7 milliards en 2025. Bien que cette croissance spectaculaire ait été saluée à l’époque, elle reposait sur des anticipations de recettes trop optimistes, rarement concrétisées.
Aimé Boji lui-même reconnaissait que “le travail engagé doit se poursuivre”, soulignant les défis restants. Contrairement à Aimé Boji, qui misait sur une croissance rapide des recettes, Adolphe Muzito préfère consolider les bases avant d’envisager une expansion budgétaire. Son objectif est d’atteindre 20 milliards de dollars en 2026, mais uniquement si les recettes le permettent.
Cette prudence est perçue comme une force par les experts économiques, qui y voient une démarche plus durable et crédible. C’est la grandeur par la sincérité des chiffres. Adolphe Muzito incarne la crédibilité de ces leaders économiques en Afrique, qui privilégient la rigueur et la transparence aux illusions budgétaires. Son approche réaliste restaure la crédibilité de la RDC sur la scène internationale et jette les bases d’une croissance économique durable.
Le passage de 16 à 13 milliards de dollars n’est pas un renoncement, mais bien un acte de courage politique qui évite à la RDC de répéter les erreurs du passé. Il a su conjuguer orthodoxie financière et investissements sociaux. Nous dépenserons ce que nous pouvons mobiliser, pas ce que nous rêvons de produire. La dette publique neutralise la construction de l’avenir. Le budget de 13 milliards est un acte de courage, pas de renoncement.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
