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Environnement

Addis-Abeba : La ministre Marie Nyange engage la RDC dans un partenariat stratégique avec l’Australie pour l’économie verte

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En marge du 2ᵉ Sommet africain sur le climat, la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a tenu une rencontre stratégique avec Ferdos Osman, directrice générale de l’agence australienne de développement international Intelligence Territoriale.

Cette réunion ouvre la voie à un partenariat inédit entre la RDC et l’Australie, centré sur la promotion de l’économie verte, le développement local et la création d’emplois pour les jeunes.

Ferdos Osman, entrepreneuse multisectorielle décrite comme « Éthiopienne de sang, Australienne de papier et Congolaise de cœur », est connue pour son rôle dans la mobilisation de financements innovants via les diasporas. Elle a notamment contribué au financement du Grand Barrage de la Renaissance en Éthiopie grâce à des obligations souscrites par les Éthiopiens de l’étranger.

Lors de l’entretien, Mme Osman a souligné le potentiel immense de la diaspora congolaise, plus nombreuse que celle de l’Éthiopie et soutenue par la richesse en ressources naturelles du pays. « La diaspora congolaise peut réaliser cinq fois plus que les 5,1 milliards USD envoyés par la diaspora éthiopienne en 2024-2025 », a-t-elle affirmé.

L’Australie est aujourd’hui un leader de la transition écologique, près de 40 % de son électricité étant produite à partir d’énergies renouvelables. Son système éducatif, particulièrement performant dans la formation aux métiers de l’économie verte, pourrait inspirer la RDC.

À travers Intelligence Territoriale, Mme Osman et son co-directeur Éric Mwamba ont déjà mis en place plusieurs initiatives en faveur du développement durable et de l’entrepreneuriat des jeunes, dont la Conférence internationale sur le développement local des 145 territoires de la RDC à Rennes en 2023 et un programme d’incubateurs de start-ups lancé à Kinshasa en 2024.

La ministre Marie Nyange et Mme Osman ont convenu de poser les bases d’une collaboration structurée autour de trois axes :

  • Stimuler les chaînes de valeur locales pour créer des emplois ;
  • Adapter le système éducatif aux enjeux de l’économie verte ;
  • Mobiliser la diaspora congolaise et le secteur privé pour compléter l’action du gouvernement.

Pour la RDC, ce partenariat représente une opportunité de transformer ses ressources et son capital humain en moteurs de croissance durable, tout en consolidant son rôle de pays-solution dans la lutte contre le changement climatique.

Dorcas Mwavita 

À la Une

Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée

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Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.

Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale

Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.

« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.

Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :

– à l’éducation,

– à l’eau potable,

– aux soins de santé,

– et aux opportunités économiques.

Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.

Une loi pour protéger les peuples autochtones

La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.

Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.

« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.

L’éducation comme clé de l’émancipation

Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.

Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.

Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.

« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.

Forêt, peuples autochtones et crédits carbone

Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.

Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.

« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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