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Adam Bombole: « Justifier le rétropédalage est un mensonge »

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L’acceptation, finalement, de la machine à voter par la coalition « Lamuka » continue de susciter des réactions. Parmi elles, il y a celle d’Adam Bombole, cadre de cette plate forme qui soutient la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle du 23 décembre 2018.

Dans un tweet, Adam Bombole qualifie des mensonges les arguments avancés par Lamuka. « Pour justifier son acceptation de la machine à voter, Lamuka a usé du mensonge, » affirme-t-il.

« L’erreur est humaine, l’entêtement dans l’erreur est diabolique. La CENI n’a pas changé sa position, le document ci-après date de novembre 2017, qui prévoyait déjà le déploiement des bulletins de vote (point 4) le confirme. Justifier rétropédalage par un mensonge est indigne! », a-t-il indiqué via twitter.

L’accord de Genève interdit toute participation aux élections avec la machine à voter. Face à ce rétropédalage, les signataires de cet accord ont renié leurs signatures. Contrairement à Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi qui, eux, avaient retiré leurs signatures 24 heures après.

Des réactions en cascade

Beaucoup d’autres réactions sont à signaler.

Billy Kambale, leader de la Jeunesse de l’UNC, demande à la coalition Lamuka de présenter ses excuses à Félix Tshisekedi.  » Pour ces élections du 23 décembre, nos amis de Lamuka doivent présenter des excuses publiques au président Fatshi. Il a été le premier à prendre son courage politique en dejouant le piège de la machine à voter, » écrit ce communicateur de CACH sur son compte tweeter.

Pour Ted Beleshayi de l’UDPS, « Lamuka » doit être dissoute. « La plateforme LAMUKA ira aux élections avec la MAV et le Fichier électoral corrompu, en violation des engagements « irrévocables » de l’Accord de Genève (Acte constitutif de LAMUKA).
Partant, LAMUKA doit être dissoute de plein droit. Vous aviez dit « l’opprobre de la Nation? »? https://t.co/r29zJGrP2h », a écrit le Secretaire exécutif de la ligue des jeunes de l’UDPS.

TMB/ CONGOPROFOND. NET

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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?

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Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.

Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.

Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.

Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.

Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.

Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.

Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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