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Achille Kadima : Quand celui qui ne supporte pas la contradiction s’en prend aux confrères
Il faut parfois beaucoup de courage pour accepter la contradiction. Apparemment, ce courage manque cruellement à Achille Kadima. Hier encore, au téléphone, le patron d’AfricaNews m’a copieusement insulté, allant jusqu’à me traiter de « sorcier », parmi d’autres qualificatifs que la décence m’interdit de reproduire. Ce vendredi matin, il revient à la charge avec un article de 2 pages consacrés essentiellement à ceux qui ont eu l’outrecuidance de donner une autre lecture d’un dossier. Curieuse conception du débat journalistique : lorsqu’on n’est pas d’accord avec vous, faut-il donc insulter hier et sommer les confrères de se taire le lendemain ?

Le plus troublant dans cette agitation est pourtant ailleurs : pourquoi Achille Kadima s’en prend-il avec une telle virulence à des médias qui, nulle part dans leurs articles, ne citent AfricaNews ? CONGOPROFOND.NET l’a déjà rappelé : notre article ne mentionne à aucun moment le nom de son média. Alors pourquoi cette réaction disproportionnée ? Pourquoi transformer un simple désaccord éditorial en procès collectif contre des confrères ?
L’arroseur se retrouve ainsi arrosé. En voulant dénoncer chez les autres des pratiques qu’il juge contestables, Achille Kadima finit surtout par mettre en lumière une méthode de confrontation qui lui est propre : la pression, l’intimidation et la personnalisation du débat.
Le journalisme ne donne à personne le droit de s’ériger en juge de ses confrères, encore moins de leur imposer ce qu’ils doivent écrire ou les analyses qu’ils doivent publier. Une rédaction est libre d’ouvrir ses colonnes à une opinion différente. C’est même l’essence du pluralisme médiatique.
Plus grave encore, cette posture rappelle des méthodes de pression et chantage que certains confrères et acteurs politiques associent depuis longtemps au personnage : mettre la pression, obtenir quelque chose, puis transformer le désaccord en affrontement personnel lorsque la contradiction apparaît. Si ces pratiques appartiennent au passé, qu’il les démente clairement. Mais si elles persistent, malgré les années et l’expérience accumulée, il serait temps de s’interroger sur ce qu’elles disent de la conception du journalisme que l’on prétend défendre.
Achille Kadima devrait surtout se souvenir d’une chose : la presse n’est pas une cour où un rédacteur en chef distribue les bons et les mauvais points à ses confrères. Elle est un espace de contradiction, de confrontation des faits et des arguments.
CONGOPROFOND.NET continuera donc à exercer librement son métier, sans injures, sans intimidation et sans demander la permission à qui que ce soit pour donner un autre son de cloche. Ce n’est pas parce qu’une contradiction dérange qu’elle devient une attaque. Et ce n’est pas parce qu’un confrère hausse le ton qu’il a raison.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET